L'insurrection en Iran, un coup de semonce contre un pouvoir de plus en plus divisé

12/01/18 à 14:30 - Mise à jour à 14:31
Du Le Vif/L'Express du 11/01/18

Certes, le régime théocratique survivra à l'insurrection récente. Mais ce nouveau séisme, plus social que politique, dévoile les faiblesses d'un pouvoir divisé et anachronique.

Un paradoxe, une illusion d'optique, un virus inédit. Voilà ce que laissent dans leur sillage les émeutiers qui, cinq jours durant, auront ébranlé l'Iran profond. Le paradoxe est géopolitique. Brutale et brouillonne, l'insurrection meurtrière - 21 tués selon le bilan officiel, à coup sûr minimaliste - a éclaté au coeur du pays alors même que la théocratie chiite, qu'une rivalité irréfragable oppose à la monarchie saoudienne, consolidait son emprise régionale, du Liban au Yémen, via la Syrie et l'Irak. L'illusion d'optique renvoie aux fantasmes d'un Occident enclin depuis la révolution de 1979, fatale à la dynastie Pahlavi, à prédire le naufrage imminent de la République islamique. Tel fut le cas à l'heure du soulèvement étudiant de 1999, réprimé avec une implacable férocité ; ou, dix ans plus tard, lors de la " vague verte " déclenchée par la réélection frauduleuse du populiste Mahmoud Ahmadinejad. Le virus ? Celui inoculé par la fracture, patente, entre le régime des mollahs et sa base sociale, pieuse et rurale. Si sa nocivité demeure aléatoire, il sape à coup sûr les défenses immunitaires d'un pouvoir au souffle court, rongé par les divisions.
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