L'Indonésie veut assommer ses passagers clandestins

18/01/12 à 16:05 - Mise à jour à 16:05

Source: Le Vif

Chaque jour, des milliers d'Indonésiens voyagent sur le toit des trains malgré des mesures de dissuasion mises en place par la compagnie ferroviaire du pays. Pour y remédier, elle tente une mesure radicale... et contestée.

L'Indonésie veut assommer ses passagers clandestins

© Reuters

L'organisation du réseau ferré indonésien, PT Kereta Api, a mis en place une méthode pour le moins surprenante pour dissuader ses passagers de voyager sur les toits des trains. Des boulets en bétons de deux kilos et d'une quinzaine de centimètres de diamètre, ont été accrochés par des chaînes à des portiques dressés au dessus des voies. Les boules affleurent ainsi le toit des trains qui passent, prêtes à assommer tout passager qui voyagerait clandestinement.

Un fléau pour la compagnie ferroviaire


Chaque jour, plusieurs millions d'usagers prennent le train, et ils sont des milliers à voyager sur le toit des wagons malgré un décret du gouvernement interdisant cette pratique. La compagnie ferroviaire avait déjà réagi en installant des aspergeurs de peinture rouge, de l'huile avait également été répandue sur les toits des wagons et des chiens de garde avaient été lâchés. Des imams ont même été appelés à dissuader leurs fidèles dans leurs sermons du vendredi. "Au moins un passager par jour trouve la mort en tombant du toit ou en étant électrocuté", a déclaré le porte-parole de Kereta Api, Mateta Rizalulhaq. La compagnie a expliqué avoir dû se résoudre à une mesure extrême après avoir épuisé toutes les autres.

Mais des organisations des droits de l'homme soulignent le danger que la méthode peut représenter. "Cela ne va rien régler mais au contraire créer d'autres problèmes comme des blessures voire des morts", enrage Rafendi Djamin, directeur du Human Rights Working Group. "Le véritable problème est qu'il n'y a pas assez de transports publics. Les gens n'ont pas le choix: ils doivent s'installer sur le toit des trains parce qu'il n'y a pas de place à l'intérieur ou parce qu'ils ne peuvent pas se permettre le prix du billet", ajoute-t-il.

Ce nouveau système doit être installé sur une des lignes entre Jakarta et sa banlieue, s'il s'avère être efficace, d'autres portiques devraient être mis en place.

Chloé Gibert

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