L'indépendantisme catalan est à son "point final"

30/11/17 à 19:10 - Mise à jour à 19:10

Source: Afp

L'échec de la déclaration d'indépendance en Catalogne et la mise sous tutelle de la région par Madrid ont mis un "point final" à l'indépendantisme catalan, a affirmé le préfet de région, Enric Millo, dans un entretien avec l'AFP.

L'indépendantisme catalan est à son "point final"

© Reuters

"Cette histoire du référendum et du processus (indépendantiste) est terminée, point final", a fermement déclaré cette semaine Enric Millo, 57 ans.

Ancien député au parlement catalan de 1995 à 2016, membre depuis 2003 du Parti populaire (PP, conservateur), M. Millo a été nommé préfet de sa région natale il y a un an, en novembre 2016 et il y représente le gouvernement de Mariano Rajoy.

Depuis le petit palais moderniste abritant la préfecture, il dresse un bilan positif de la mise sous tutelle de la Catalogne par le pouvoir central, qui avait suivi la proclamation le 27 octobre d'une "République catalane" restée sans effets.

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy avait pris le contrôle de la région, destitué l'exécutif régional indépendantiste présidé par Carles Puigdemont et dissous le parlement catalan pour convoquer de nouvelles élections le 21 décembre.

M. Puigdemont et plusieurs "ministres" de son gouvernement régional destitué étaient partis à Bruxelles. Le reste de l'exécutif régional déchu a été placé en détention provisoire, dans une enquête pour "rébellion" et "sédition".

Depuis, certains dirigeants indépendantistes ont reconnu qu'ils n'étaient pas prêts pour créer un État ou qu'ils ne disposaient pas d'une base sociale suffisamment ample pour le faire.

"Ce n'est pas qu'ils n'étaient pas prêts, c'est qu'ils avaient menti pendant des années", a asséné M. Millo, originaire de la ville de Gérone, un bastion de l'indépendantisme, dont M. Puigdemont fut le maire de 2011 à 2016.

"Sans aucun doute, cela ne pouvait se terminer que d'une seule manière, par une grande déception et un grand échec", a-t-il ajouté.

"Ce que le monde indépendantiste n'a pas fait encore, c'est assumer cet échec. Il continue à chercher des formules pour tenter de dissimuler que tout cela est arrivé à son point final", a-t-il souligné.

Pour l'instant, les sondages annoncent que partis indépendantistes et formations défendant l'unité de l'Espagne feraient jeu égal aux élections régionales du 21 décembre.

Mais pour M. Millo, ce scrutin permettra d'ouvrir "une nouvelle étape" dans la région divisée par la question de l'indépendance et par le conflit politique opposant autorités catalanes et gouvernement central.

Le préfet s'est montré convaincu que "le nouveau gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, s'engagera à respecter la légalité".

Il a jugé possible de "rétablir le dialogue nécessaire et positif qui doit avoir lieu entre le gouvernement catalan et le gouvernement d'Espagne", alors que les deux parties se sont renvoyées ces dernières années la responsabilité de l'absence totale de négociations.

Le dialogue pourrait porter, selon lui, sur l'amélioration du financement de la région et de plus grands investissements pour ses infrastructures.

En revanche, un référendum d'autodétermination de la région, souhaité par une très large majorité des Catalans, restera non négociable pour Madrid.

"Une nouvelle étape doit apporter des solutions nouvelles. Si nous recherchons les mêmes vieilles solutions à un problème non résolu, on ne trouvera sûrement pas de porte de sortie", a-t-il dit.

Quant à une éventuelle réélection de M. Puigdemont à la tête de la région, ce "serait une mauvaise nouvelle", a-t-il jugé.

"Il nous a déjà montré qu'il n'est pas disposé au dialogue et que la seule chose qu'il veut, c'est la rupture et enfreindre les lois", a accusé le préfet.

"Cela nous conduirait probablement à un scénario de blocage qui serait préjudiciable", a-t-il conclu.

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