L'immigration pour raisons médicales est un mythe, selon Médecins du monde

18/05/15 à 06:41 - Mise à jour à 06:41

Source: Belga

"À peine 3% des personnes ayant émigré en Europe l'ont fait pour des raisons de santé", indique le rapport annuel de l'Observatoire européen de l'accès aux soins, publié lundi par Médecins du Monde (MdM), sur base d'une enquête menée auprès de 22.171 patients ayant fait appel à leurs services dans neuf pays européens.

L'immigration pour raisons médicales est un mythe, selon Médecins du monde

© Belga

En Belgique, 2.366 personnes fréquentant les sites de MdM de Bruxelles et Anvers ont participé à l'enquête. Une très large majorité (93,6% en Europe, 98,2% en Belgique) des patients interrogés étaient de nationalité étrangère.

"Constatation révélatrice: le soi-disant "tourisme médical" se révèle être un mythe. À peine 3% des personnes ayant émigré l'ont fait pour des raisons de santé et les migrants restent en moyenne 6,5 ans en Europe avant de venir pour la première fois chercher de l'aide chez MdM", révèle l'ONG. La raison principale évoquée par les personnes interrogées est, à 50,2%, économique.

Aucun chiffre sur les raisons invoquées pour immigrer est disponible pour la Belgique, en raison d'un taux trop faible de réponses à cette question. "Il n'y a pas de corrélation entre le nombre de personnes ayant émigré, entre autres, pour des raisons de santé et le degré de restriction et d'obstacles à l'accès aux soins dans le pays", indique encore MdM.

Les patients qui frappent à la porte de Médecins du monde vivent dans des situations très précaires, selon l'ONG. "Il apparaît que les personnes vulnérables ne sont pas soignées correctement en Europe: 62,9% n'ont aucun accès aux soins. En Belgique, ce chiffre grimpe même jusqu'à 91,9% de personnes ne bénéficiant d'aucune prise en charge et devant payer le prix plein lors d'une consultation", selon Médecins du Monde.

Parmi les patients rencontrés par les équipes de MdM en Europe, 15,2% se sont vu opposer un refus de soins au cours des douze derniers mois. L'ONG plaide en faveur d'"une politique de santé qui inclut les personnes vulnérables et malades, plutôt qu'une politique d'exclusion comme c'est le cas actuellement."

Nos partenaires