L'Expo universelle de Milan, entre inventivité et scènes de guerre (en images)

02/05/15 à 13:24 - Mise à jour à 13:24

L'Exposition universelle de Milan a dévoilé vendredi aux premiers visiteurs un site à la fière allure mais où tout était loin d'être prêt, tandis que des opposants ont fait parler la violence dans les rues de la ville.

Après des mois d'un chantier frénétique, sous un ciel gris et pluvieux, les premiers visiteurs sont entrés à 10H00 pour découvrir les quelque 80 pavillons rivalisant d'inventivité architecturale, sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation.

Mais dans l'après-midi, des dizaines de manifestants anti-Expo, qui dénoncent le gaspillage d'argent public et le recours à des travailleurs précaires, ont gâché la fête en saccageant des dizaines de magasins et de voitures et en jetant pierres et cocktails molotov sur la police, qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes. Parmi les sites dévastés, une agence bancaire en feu, sur le mur de laquelle avait été inscrit: "Vous nous plumez, aujourd'hui vous payez".

"Aujourd'hui l'Expo est une réalité. Ce n'est pas encore un pari gagné, nous avons six mois pour le gagner, mais c'est un défi que nous pouvons relever", avait lancé le chef du gouvernement italie, Matteo Renzi lors de l'inauguration officielle à la mi-journée.

"Ces prochains mois, le monde va pouvoir goûter l'Italie. Goûter ses spécialités, ses produits typiques, mais surtout le profond désir que notre pays a d'écrire une page d'espérance", a-t-il insisté devant un aréopage de dignitaires internationaux.

Freiné par de retentissants scandales de corruption, le chantier a accumulé les retards, mais vendredi matin, les allées étaient dégagées et tous les pavillons semblaient achevés.

En revanche, ils n'étaient pas forcément prêts. Celui du Bangladesh est resté fermé parce que l'Italie n'avait pas encore accordé de visa à son personnel, tandis que le matériel d'exposition de celui du Soudan était encore au pays, faute de feu vert des autorités italiennes. Des exposants d'artisanat indien ont eux aussi fait part de leur exaspération: leur demande d'accréditation n'ayant pas encore été traitée, ils doivent acheter chaque jour un billet pour aller tenir le stand qu'ils ont payé 200.000 euros.

Mais les visiteurs semblaient ravis. Dans les allées se croisaient costumes folkloriques et tenues traditionnelles d'apparat, tandis que les visiteurs se pressaient devant le rideau d'eau du pavillon de Koweït ou entre les murs-dunes roses des Emirats arabes unis.

Jusqu'au 31 octobre, les organisateurs attendent 20 millions de visiteurs -- et affirment que 10 millions de billets ont déjà été vendus -- pour cet événement dont l'Italie espère un coup de fouet économique symbolique et des retombées concrètes de 10 milliards d'euros, dont 5 milliards pour le tourisme.

La mise en oeuvre du projet a cependant suscité de nombreuses polémiques. Outre les scandales et les retards, certains se sont émus de la présence marquée de grandes multinationales de l'agroalimentaire parmi les sponsors et partenaires.

Dans un message vidéo lors de l'inauguration, le pape François a également plaidé pour que cette Expo soit l'occasion d'en finir avec un "paradoxe de l'abondance" qui conduit plus au gaspillage qu'à la solidarité. Evoquant "les visages des millions de personnes qui aujourd'hui ont faim", le pape a demandé à chaque visiteur de "sentir la présence de ces visages, une présence cachée mais qui en réalité doit être la vraie protagoniste".

Mais ce sont les plus extrémistes des opposants qui ont volé la vedette vendredi après-midi, en provoquant des violences pendant la manifestation des No Expo, qui rassemblait des milliers de personnes dans une ambiance de "joyeux énervement".

L'atmosphère a vite changé quand des dizaines de manifestants, portant cagoules, masques à gaz et matraque, ont commencé à taguer "Expo=mafia" ou "Mangez les riches" sur les vitrines, avant de se mettre à tirer des pétards et à tout saccager pendant plusieurs dizaines de minutes.

"Nous avons arrêté de nombreux délinquants. Nous serons très durs contre ces voyous à capuche. Que personne ne s'imagine qu'ils seront libérés bientôt", a assuré le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

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