L'exploitation illégale des mines de lapis-lazuli finance l'insurrection afghane

07/06/16 à 11:10 - Mise à jour à 11:10

Source: Afp

Les insurgés afghans tirent 20 millions de dollars par an de l'exploitation illégale de mines de lapis-lazuli dans le nord-est du pays, avertit l'ONG britannique Global Witness qui demande le classement de la pierre en "minerai des conflits".

L'exploitation illégale des mines de lapis-lazuli finance l'insurrection afghane

Lapis lazuli à Kaboul. © Reuters

La pierre semi-précieuse au bleu saisissant se trouve en grande quantité dans les mines de la province reculée et montagneuse du Badakhshan (nord-est). Cette région autrefois stable est aujourd'hui le théâtre de violents combats entre "les talibans, certains députés locaux et des caciques de la région" qui se disputent le contrôle des mines et des revenus qu'elles génèrent, souligne Global Witness dans un rapport publié lundi.

"Les mines de lapis-lazuli de la région du Badakhshan sont un concentré du problème qui touche tout le pays. L'exploitation minière est la deuxième source de revenus la plus importante pour les talibans", assure encore Global Witness.

Mais les talibans ne sont pas les seuls sur les rangs. Les mines de lapis-lazuli pourraient aussi susciter la convoitise du groupe Etat islamique (EI), dont des combattants sont notamment implantés dans l'est de l'Afghanistan.

En conséquence, l'ONG britannique demande à ce que le lapis-lazuli afghan soit classé dans la catégorie des "minerai des conflits", dont le commerce est régulé dans certains pays.

Le lapis-lazuli orne des bijoux, sert à décorer des objets d'art ou du mobilier et son exploitation, si elle était mieux encadrée par les autorités, pourrait financer le système de santé, les forces de sécurité et le secteur éducatif afghans, aujourd'hui défaillants, estiment les auteurs du rapport.

De manière générale, l'Afghanistan dispose de gigantesques réserves de gaz, de pétrole et de minéraux dont la valeur se monte à plus de 1.000 milliards de dollars.

Mais la corruption, une mauvaise gestion et les violences dissuadent les compagnies minières étrangères de s'implanter dans le pays et font que ces gisements "sont parmi les plus importants moteurs des conflits et de l'extrémisme", prévient Global Witness.

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