L'ex-directrice du New York Times sort de son silence

14/07/14 à 15:34 - Mise à jour à 15:34

Source: Le Vif

Certains médias la disaient débarquée par sexisme. Deux mois après son départ aussi soudain qu'inattendu, Jill Abramson, l'ex-directrice de la rédaction du New York Times (NYT), s'est exprimée publiquement pour la première fois au sujet de son licenciement, comme le rapporte le blog Big Browser, hébergé par le journal Le Monde.

L'ex-directrice du New York Times sort de son silence

© Reuters

Mi-mai, celle qui avait été en 2011 la première femme à la tête du fameux quotidien new-yorkais était renvoyée en raison d'un "problème de management", selon le NYT qui avait évoqué de "graves tensions" avec ses collaborateurs, dont Dean Baquet, alors rédacteur en chef, qui lui a succédé depuis, et Mark Thompson, le PDG du groupe.

Arthur Sulzberger Jr, le directeur de la publication avait même déclaré que : "Jill (était) une remarquable journaliste et rédactrice en chef", mais qu'à regret, il avait "été obligé de conclure que sa gestion de la rédaction ne fonctionnait tout simplement pas", et qu'il avait "régulièrement entendu parler de manière répétitive de problèmes avec ses collègues hommes et femmes, y compris de prises de décisions arbitraires, de manque de dialogue et de consultation, de communication maladroite, et mauvais traitement de ses collègues en public", selon une reprise du média des médias, arretsurimage.net.

Pourtant, le New Yorker évoquait d'autres raisons : Jill Abramson aurait "découvert que son salaire et sa pension de retraite de directrice de la rédaction et, avant cela, de rédactrice en chef, était considérablement inférieurs à ceux de Bill Keller, son prédécesseur".

Ce que Sulzberger démentait en clamant sur CNN que "son revenu total (celui de Jill Abramson, NDLR) dépassait de 10 % celui de Keller". Assez pour alimenter un vrai feuilleton national.

Le 10 juillet dernier, Jill Abramson avouait toujours ne pas comprendre les raisons de son limogeage. "J'ai été licenciée à cause de mes "compétences managériales", et pour être honnête avec vous, je suis toujours en train d'essayer de comprendre exactement ce que cela signifie", confiait-elle à The Daily Beast.

Règlement de compte ?

Si Jill Abramson n'a pas fait taire les rumeurs concernant son éviction avec ces déclarations, elle a en revanche été plus loquace à propos des difficultés qu'elle aurait rencontrées pour publier des informations concernant la sécurité nationale sous l'administration Obama, d'après The Daily Beast. Ce qui n'était pas le cas sous l'ère de George W. Bush, selon elle. Ce dernier n'aurait en effet jamais ordonné d'enquête criminelle pour trouver la source d'articles du New York Times, contrairement à Barack Obama qui aurait demandé l'ouverture de huit enquêtes pour retrouver des informateurs.

"J'ai entendu des responsables de l'administration Obama dire plus d'une fois : "Vous aurez du sang sur vos mains si vous publiez cette histoire"", continue-t-elle.

Des propos qui font écho à ceux de la Société des journalistes professionnels et de trente-sept organisations de presse qui auraient adressé une lettre ouverte à Barack Obama, dans laquelle elles dénonceraient le "manque de transparence" de l'administration et l'"étouffement de la liberté d'expression" via le contrôle des agences fédérales.

Mme Abramson était arrivée au quotidien en 1997 après avoir occupé un poste au Wall Street. Au cours de sa direction, elle a notamment soutenu et contribué à la transition numérique du journal. Mi-juin, l'université d'Harvard a annoncé que Jill Abramson rejoindrait ses rangs en tant qu'enseignante à partir de l'automne. Professeure invitée, elle enseignera aux étudiants de premier cycle la narration journalistique.

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