L'Europe hausse le ton face aux violences en Tunisie

10/01/11 à 20:05 - Mise à jour à 20:05

Source: Le Vif

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a rappelé à la Tunisie que les accords qui la lient à elle sont conditionnés notamment au respect des droits de l'Homme. La Tunisie connaît des troubles sociaux depuis plusieurs jours, qui ont gravement dégénéré ce week-end.

L'Europe hausse le ton face aux violences en Tunisie

© EPA

L'Union européenne, après les Etats-Unis, a haussé le ton lundi à l'égard de Tunis après la répression violente des mouvements sociaux, conditionnant les négociations sur des relations renforcées avec ce pays à un meilleur respect des droits de l'Homme. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a appelé à la "libération immédiate" des manifestants emprisonnés, alors que la révolte que connaît le pays depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes.

Ces violences ont fait 14 morts selon le gouvernement tunisien et plus de 20 selon des sources de l'opposition. "Nous appelons en particulier à la libération immédiate des blogueurs, journalistes, avocats et autres personnes détenues, qui manifestaient pacifiquement en Tunisie", a déclaré sa porte-parole, Maja Kocijancik. Rappelant que l'UE discutait actuellement avec la Tunisie d'un renforcement de leur relation bilatérale, la porte-parole a souligné qu'une telle perspective "requiert des engagements accrus sur tous les sujets, en particulier dans le domaine des droits de l'Homme et des libertés fondamentales".

Depuis mai 2010 en effet, l'Union européenne, déjà liée à la Tunisie par un accord d'association datant de 1995, négocie en vue de lui octroyer un "statut avancé", à l'instar de celui dont bénéficie déjà le Maroc.

Dès la semaine dernière, Washington avait exprimé sa préoccupation devant les troubles sociaux en Tunisie et convoqué l'ambassadeur tunisien, Mohamed Salah Tekaya, pour lui demander le respect des libertés individuelles notamment en matière d'accès à l'internet.

Les émeutes sont parties de Sidi Bouzid, après le suicide le 17 décembre d'un vendeur ambulant sans permis qui s'était immolé pour protester contre la saisie de sa marchandise de fruits et légumes.

LeVif.be, avec Belga

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