"L'Etat Islamique est l'ennemi numéro un de l'Europe, et au-delà"

18/11/15 à 18:14 - Mise à jour à 18:42

Source: Belga

L'Etat Islamique est "l'ennemi numéro un de l'Europe", a estimé mercredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors d'un échange avec des citoyens à Bruxelles. M. Juncker s'est toutefois gardé de s'exprimer en termes de guerre

"L'Etat Islamique est l'ennemi numéro un de l'Europe, et au-delà"

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L'effroi suscité en Europe par les attentats de Paris, a monopolisé le débat citoyen auquel participait M. Juncker mercredi au Palais des Beaux-Arts (Bozar).

"Est-ce que l'Europe est en guerre?" se sont inquiétés les journalistes animant le débat. "Nous sommes aux prises avec une confrontation qui va durer et qui produira de nombreuses conséquences. Tous les pays européens doivent être solidaires de la France - ce qu'ils font - mais je n'aime pas utiliser des termes dont je ne mesure pas les prolongements", a répondu le président de la Commission européenne. "Ça aide qui de parler de guerre?", a encore lancé le Luxembourgeois.

"Comme François Hollande, je considère l'Etat Islamique (EI) comme l'ennemi numéro 1 de l'Europe et au-delà. Donc il faut réunir tous les moyens pour mettre un terme à cette barbarie galopante", a-t-il encore précisé.

"Les grandes nations comme l'Europe, les Etats-Unis et la Russie doivent travailler ensemble pour combattre le fléau de l'EI. Il faut mettre de côté tous les problèmes que nous pouvons avoir entre nous pour nous concentrer ensemble sur ce problème majeur, qui, si nous ne le maitrisons pas va nous conduire au bord de l'abîme", a observé M. Juncker ajoutant encore qu'il ne peut y avoir "d'architecture sécuritaire en Europe sans une participations accrue de la Russie."

Faisant état de la "situation compliquée" au Moyen-Orient, comme en Syrie, et de la nécessité d'y faire référence "avec nuance", l'orateur a encore déclaré "qu'il ne faut pas croire qu'il pourrait y avoir une solution avec Bachar al-Assad, ni faire l'erreur de croire qu'il y aurait une solution sans Bachar al-Assad."

Pour répondre à la menace terroriste, le président de la Commission s'est dit en faveur de la création d'une agence de renseignement européen, et d'une meilleure coopération de ces services en Europe. Toutefois, il "demande à voir", car "une certaine conception de l'Etat et l'absence d'une certaine idée de l'Europe", freinent encore cet élan selon lui. Il a noté que la Belgique n'était pas le seul maillon faible du dispositif d'échange d'information actuel, et précisé que la législation européenne permettait aussi d'assurer une coopération très étroite entre polices. "Celle entre la France et la Belgique est excellente."

Les efforts doivent selon lui surtout se focaliser sur le renforcement des frontières extérieures, et pas sur le contrôle des frontières intérieures, même si c'est un "réflexe" qu'il dit comprendre. "Le risque est grand de voir réapparaitre les frontières en Europe et je ne voudrais pas que cette génération de femmes et d'hommes politiques, la mienne, soit celle qui les a réintroduites."

Le président de la Commission européenne a en outre réitéré son appel à ne pas faire d'amalgame entre "demandeurs d'asile malheureux et terroristes". "Il ne faut pas se vautrer dans un discours ultra simplificateur voir simpliste" a déclaré M. Juncker, en référence aux propos du Premier ministre slovaque prompt à vouloir surveiller tous les musulmans sur son territoire après les attentats de Paris. "Je ne voudrais pas que l'on recommence à faire des croyances religieuses un facteur de division. Je récuse les propos de tous ceux qui chargent de responsabilités ceux qui n'ont pas la même foi que la plupart des Européens", a-t-il encore martelé.

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