L'EI planifie de nouveaux attentats sur le sol européen, selon Europol

02/12/16 à 09:02 - Mise à jour à 10:10

Source: Belga

Le groupe terroriste Etat islamique (EI) est en train de planifier de nouveaux attentats sur le sol européen dans un futur proche, avertit l'Office européen de police Europol dans un rapport publié vendredi à La Haye.

L'EI planifie de nouveaux attentats sur le sol européen, selon Europol

. © Belga Image

La Belgique fait notamment partie de leurs cibles. Les défaites subies par l'organisation en Irak et en Syrie et l'augmentation du nombre de combattants dans leur pays d'origine ont exacerbé le risque d'attaques en Europe occidentale, selon le Centre de lutte contre le terrorisme de l'organisation policière.

D'après les estimations des services de renseignement, des dizaines de combattants potentiels de l'Etat islamique et ayant la capacité de commettre des attaques pourraient déjà se trouver en Europe.

Le groupe terroriste développerait de nouvelles tactiques pour ses attentats dans l'ouest de l'Europe, avancent les experts d'Europol, selon qui la France est la cible la plus probable. La Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et l'Allemagne présentent également un risque d'attaque. Plus largement, tous les pays prenant part à la coalition internationale contre l'Etat islamique ne sont pas à l'abri d'actions de cette organisation.

Détaillant son propos sur la Belgique, l'Office européen de police souligne que des milieux radicalisés ont élu domicile à Bruxelles. Les musulmans représentent 6% de la population belge mais ce chiffre atteint 25% dans la capitale et 40% à Molenbeek, où le taux de chômage parmi les personnes d'origine immigrée dépasse les 30%, rappelle-t-il. La Belgique compte 560 combattants partis se battre en Syrie ou en Irak, ce qui en fait le nombre le plus élevé par habitant au sein de l'UE.

La plupart des suspects de terrorisme et de crime grave et/ou organisé répertoriés sont des ressortissants européens, note le rapport. Beaucoup d'entre eux ne sont pas nés au sein de l'UE mais ont obtenu plus tard la nationalité d'un des Etats membres. La plupart sont des Belges, des Néerlandais, des Britanniques ou des Français.

Lorsqu'ils n'ont pas une nationalité européenne, ces suspects figurant dans les bases de données d'Europol sont souvent originaires de Syrie et du Maroc. La Belgique est toutefois le pays de naissance qui revient le plus fréquemment pour ces personnes, suivie par l'Irak et la Syrie.

Les attaques de l'EI pourraient être le fait de réseaux tout comme de loups solitaires utilisant des explosifs, des armes automatiques, des couteaux, des haches, des machettes ou des voitures. Le rapport fait notamment allusion à l'attaque à la machette de deux policières à Charleroi pour illustrer ce constat.

Les experts en terrorisme estiment également que la probabilité d'attentats à la voiture piégée est élevée. Les terroristes pourraient également avoir recours à l'extorsion ou au kidnapping.

Des attentats contre des infrastructures critiques telles que les réseaux électriques ou des installations nucléaires ne semblent en revanche pas constituer une priorité pour l'organisation.

D'après le rapport, les réfugiés de Syrie se trouvant en Europe courent le risque d'être recrutés et il est vraisemblable que des combattants de l'Etat islamique se sont infiltrés parmi eux. Le groupe terroriste aurait en effet un intérêt à exploiter la crise européenne actuelle sur les réfugiés en polarisant les citoyens et en les opposant aux migrants, qui pourraient alors se radicaliser.

L'Office européen de police souligne aussi que des experts anti-terroristes s'inquiètent également de voir la Libye devenir, après la Syrie, "une nouvelle base-arrière pour le groupe EI à partir de laquelle il mènerait des attaques au sein de l'Union européenne et en Afrique du Nord".

Europol met également en garde contre d'autres mouvements terroristes, dont Al-Qaïda et sa branche syrienne, l'ex-Front Al-Nosra, qui sont aussi susceptibles de commettre des attentats ou d'inspirer des groupes ou des individus à passer à l'acte.

En 2015, les forces de sécurité européennes ont arrêté 667 personnes suspectées d'activités djihadistes, selon le même rapport.

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