L'avocat de Bernard Tapie en garde à vue

28/05/13 à 15:52 - Mise à jour à 15:52

Source: Le Vif

Me Maurice Lantourne, l'avocat de Bernard Tapie, est soupçonné d'avoir eu des liens professionnels avec le juge arbitre Pierre Estoup, mis en cause pour son rôle dans la décision rendue en faveur de Bernard Tapie contre le Crédit lyonnais en 2008, et également placé en garde à vue ce mardi matin.

L'avocat de Bernard Tapie en garde à vue

© Image Globe

Après le juge arbitre, le conseil. L'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne, a été placé en garde à vue ce mardi dans l'enquête sur l'arbitrage rendu en 2008 en faveur de son client dans la vente d'Adidas, a-t-on appris de source proche de l'enquête confirmant une information de Mediapart.

Un des juges arbitres, l'ancien magistrat Pierre Estoup avait été placé en garde à vue la veille par les enquêteurs de la brigade financière de la police judiciaire parisienne, avait auparavant annoncé Mediapart.

Les enquêteurs soupçonnent M. Estoup d'avoir eu des liens professionnels anciens avec Me Maurice Lantourne. L'ex-magistrat n'en avait pas fait état au moment de l'arbitrage en faveur de l'homme d'affaires.

Aux yeux du député Charles de Courson, ce défaut d'information relève d'un conflit d'intérêts susceptible de remettre en cause la légalité de l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie.

Pierre Estoup est par ailleurs intervenu à la demande de Me Lantourne dans deux autres arbitrages, en 1999 et 2001.

De nombreuses perquisitions ont récemment été réalisées, notamment aux domiciles des trois juges arbitres, à celui de Bernard Tapie et au cabinet de Me Lantourne.

Selon l'Express, lors d'une nouvelle perquisition le 14 mai à l'une des résidences de M. Estoup , les policiers ont en outre saisi un livre écrit par M. Tapie et dédicacé en juin 1998 à M. Estoup, auquel il adresse "toute (s)on affection". Or M. Tapie affirme ne pas connaître M. Estoup.

Parallèlement à cette enquête, une procédure a été engagée devant la Cour de Justice de la République (CJR) contre l'ex-ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui avait pris fin 2007 la décision de recourir à cet arbitrage pour solder le contentieux. Mme Lagarde avait ensuite refusé un recours contre la décision du tribunal. Elle est visée par une enquête pour "complicité de faux et de détournement de fonds publics". Entendue durant deux jours la semaine dernière, la patronne du FMI a été placée vendredi sous statut de témoin assisté.

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