L'armée turque abat un drone non identifié près de la frontière syrienne

16/10/15 à 16:01 - Mise à jour à 16:01

Source: Afp

Des chasseurs turcs ont abattu vendredi un drone non identifié près de la frontière syrienne, a annoncé un responsable, poussant Moscou, dont des avions intervenant en Syrie ont déjà violé l'espace aérien turc, à démentir qu'il s'agissait de l'un de ses appareils.

L'armée turque abat un drone non identifié près de la frontière syrienne

© Reuters

"Nous n'avons pas identifié à qui il appartient", a déclaré le chef de la diplomatie turque, Feridun Sinirlioglu, "nous l'annoncerons une fois que la nationalité aura été déterminée".

L'appareil s'est écrasé à "trois kilomètres" à l'intérieur du territoire turc, a-t-il ajouté.

L'engin a été abattu après avoir ignoré les mises en garde qui lui avaient été adressées "à trois reprises", a indiqué l'état-major turc dans un communiqué, "conformément (...) aux règles d'engagement".

L'armée n'a pas précisé la nature de l'aéronef, mais un responsable turc a déclaré à l'AFP qu'il s'agissait d'un "drone".

La chaîne de télévision privée NTV a diffusé des photos de militaires en train d'examiner le site du crash et l'agence de presse officielle Anadolu a diffusé des clichés des débris qui ont été largement relayés sur les réseaux sociaux.

A Moscou, le ministère de la Défense a immédiatement assuré que tous les avions russes engagés en Syrie avaient regagné leur base et que les drones russes "fonctionnent normalement".

"Les drones russes, qui surveillent la situation en Syrie et font du renseignement, fonctionnent normalement comme prévu", a affirmé le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, cité par l'agence officielle TASS.

Les appareils russes ont violé à plusieurs reprises l'espace aérien turc depuis le début du mois, suscitant des mises en garde d'Ankara.

"Nos règles d'engagement sont claires pour quiconque viole notre espace aérien", avait déclaré le 5 octobre le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, indiquant que l'armée turque avait reçu pour ordre de tout intercepter, "même un oiseau".

L'aviation russe bombarde quotidiennement depuis deux semaines ce qu'elle qualifie de "cibles terroristes" en Syrie, aussi bien du groupe Etat islamique (EI) que des rebelles modérés qui luttent contre le régime de Damas.

Cette intervention russe en Syrie, qualifiée jeudi de "grosse erreur" par le chef de la diplomatie turque, et les incursions répétées, ont tendu les relations entre la Turquie, qui réclame depuis 2011 le départ de Bachar al-Assad, et la Russie, soutien du régime de Damas.

La Turquie, membre de l'Otan, participe de son côté à des frappes aériennes d'une coalition internationale menée par les Etats-Unis qui visent l'EI.

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