L'armée russe dément la création d'une seconde base aérienne en Syrie

25/01/16 à 17:49 - Mise à jour à 17:48

Source: Afp

La Russie n'a pas pour projet d'ouvrir une seconde base aérienne dans le nord-est de la Syrie, a déclaré lundi l'armée russe en réaction à des informations parues dans la presse occidentale sur l'ouverture d'une base à Qamichli, dans le Kurdistan syrien.

L'armée russe dément la création d'une seconde base aérienne en Syrie

© AFP

"Aucune nouvelle base aérienne (...) devant accueillir des avions russes sur le territoire de la République arabe syrienne n'a été créée ni n'est prévue", a déclaré à l'agence de presse russe Interfax le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov.

Citant des sources militaires américaines, des médias américains et britanniques avaient affirmé la semaine dernière que 200 militaires russes aménageaient un aéroport à Qamichli, ville contrôlée conjointement par les autorités kurdes locales et le régime syrien.

"Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises que le vol de nos avions, même vers le lieu le plus éloigné en Syrie, prend environ 30 minutes (...) C'est pourquoi ceux qui évoquent l'ouverture d'une base située à la frontière turco-syrienne sont d'une ignorance crasse", a ajouté Igor Konachenkov.

Selon le porte-parole russe, ces informations visent à "cacher la montée en puissance des mouvements de troupes turcs" à la frontière syrienne.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait lui aussi rapporté que "quelques dizaines" de soldats et d'ingénieurs russes avaient été signalés à l'aéroport de Qamichli, situé juste en face de la ville turque de Nusaybin (sud-est).

Cette information avait fait réagir le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui avait mis en garde contre tout mouvement de troupes à sa frontière avec la Syrie.

Des sources sécuritaires syriennes ont confirmé à l'AFP la présence de ces soldats, affirmant qu'ils avaient commencé à préparer l'aéroport en vue d'y accueillir des équipements militaires.

Parallèlement, l'armée russe a annoncé lundi avoir bombardé 484 "cibles terroristes" lors de 169 raids aériens vendredi, samedi et dimanche.

"En s'appuyant sur les frappes russes, les forces syriennes ont fait des progrès significatifs lors de leur offensive dans le nord de la région de Lattaquié (ouest)", a déclaré le général Igor Konachenkov.

Au cours des dernières 24 heures, "plus de 92 kilomètres carrés et 28 localités ont été libérés, dont la localité de Rabia, d'importance stratégique pour les futures opérations".

Contrôlée depuis 2012 par des groupes rebelles, dont le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, Rabia est un carrefour d'approvisionnement reliant la frontière turque aux places fortes rebelles.

Sa conquête permet au régime syrien de renforcer son contrôle sur la province de Lattaquié, berceau de la famille du président Bachar al-Assad.

Le ministère russe de la Défense a également fait mention de 18 frappes aériennes dans la région de Deir Ezzor (est), où l'organisation Etat islamique a "décidé de concentrer ses efforts", selon le communiqué.

Au moins 47 civils ont péri samedi dans le village de Khasham, à Deir Ezzor lors de frappes aériennes, tandis que 44 autres ont été tués la veille près de la ville de Deir Ezzor, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui estime que la Russie a mené ces frappes meurtrières.

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