Kim Jong-un intronisé "leader suprême" en Corée du Nord

29/12/11 à 11:53 - Mise à jour à 11:53

Source: Le Vif

Le fils du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il décédé le 17 décembre dernier prend officiellement la relève à la tête de l'un des pays les plus fermés au monde.

Kim Jong-un intronisé "leader suprême" en Corée du Nord

© Reuters

Le deuil national a pris fin. La Corée du Nord a proclamé ce jeudi "leader suprême" Kim Jong-un, fils et successeur de Kim Jong-il, dont les funérailles se sont déroulées mercredi. Kim Jong-un a été intronisé lors d'un immense rassemblement militaire organisé à Pyongyang au dernier jour du deuil pour son dirigeant décédé.
"Le grand coeur du camarade Kim Jong-il a cessé de battre", a déploré Kim Yong-nam, qui exerce la fonction honorifique de chef de l'État, lors d'un discours devant des dizaines de milliers de soldats, du haut d'un balcon surplombant la vaste place Kim Il-sung de la capitale. De nombreux civils étaient aussi visibles de part et d'autre de l'esplanade au sol recouvert de la neige tombée la veille, d'après les images diffusées par la télévision d'Etat. Aux côtés de l'orateur était visible Kim Jong-un, fils cadet, âgé de moins de 30 ans et successeur de Kim Jong-il resté au pouvoir pendant 17 ans. "Le respecté camarade Kim Jong-un est le leader suprême de notre parti et de l'armée, qui a hérité de l'intelligence, de la capacité à commander, du caractère, du sens moral et du courage de Kim Jong-il", a ajouté Kim Yong-nam.

Pleurs et hystérie aux funérailles de Kim Jong-il Plusieurs dignitaires militaires étaient présents aussi sur l'estrade, dont le chef d'état-major, Ri Yong-ho, et le ministre des Forces armées, Kim Yong-chun, ainsi que de hauts responsables du Parti des Travailleurs de Corée, le parti unique du pays, comme Kim Ki-man and Choe Thae-bok. Le rassemblement sur la place Kim Il-sung a été clos par le tir d'une vingtaine de coups de canon.
Trois minutes de silence ont ensuite été observées, ponctuées par une sonnerie simultanée des sirènes des bateaux et des locomotives du pays. Elles ont marqué la fin du deuil national de treize jours en hommage à Kim Jong-il, décédé le 17 décembre, pour lequel un défilé d'obsèques avait été organisé mercredi à Pyongyang devant des centaines de milliers de personnes. Lors de cette procession, Kim Jong-un ainsi que des dignitaires de l'armée et du parti avait marché à côté du corbillard.

Pas de changement drastique
"Le rassemblement de jeudi montre que le régime est certain d'avoir opéré une transition du pouvoir sans problème au profit de Kim Jong-un", a expliqué Kim Keun-sik, de l'Institut des études d'extrême-orient à Séoul. "Il a aussi servi à prouver la loyauté à Jong-un, montrant aux Nord-Coréens et aux étrangers que le nouveau leader a déjà établi son statut".

L'armée joue un rôle essentiel en Corée du Nord, dirigée au nom de la doctrine du "songun" ("l'armée d'abord"), amorcée dans les années 1990 par Kim Jong-il pour maintenir son régime fragilisé par la chute du bloc communiste. Les forces armées comptent 1,2 million d'hommes sur une population totale de 24 millions d'habitants. Les militaires sont favorisés pour l'approvisionnement, alors que le pays reste confronté à d'importantes pénuries.

"La manifestation d'aujourd'hui symbolisait la structure du pouvoir: les officiers et dirigeants du parti vus à côté de Kim Jong-un auront un rôle clé", a relevé Paik Hak-soon de l'Institut Sejong. "Jong-un ne cherchera pas de changement drastique par rapport aux politiques de son père. Mais il devra trouver sa voie, car il a besoin d'aide extérieure pour résoudre les problèmes alimentaires et économiques".

Reprenant les outils de propagande paternels et jetant des dizaines de milliers d'opposants avérés ou supposés dans des camps d'emprisonnement, Kim Jong-il a sauvegardé son régime, mais de terribles famines ont tué des centaines de milliers de Nord-Coréens dans les années 1990. Sous son règne, le pays s'est doté de l'arme nucléaire, aussi la stabilité de la Corée du Nord inquiète-t-elle les puissances régionales.

La Corée du Sud, les Etats-Unis, la Chine et le Japon ont multiplié les consultations afin d'éviter un bouleversement de la Corée du Nord susceptible d'embraser la péninsule coréenne.

LeVif.be avec L'Express.fr

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