Kadhafi victime d'un "crime de guerre" ?

22/10/11 à 10:35 - Mise à jour à 10:35

Source: Le Vif

Si Mouammar Kadhafi a été tué délibérément après sa capture, cela constitue un crime de guerre, prévient Amnesty International qui réclame une enquête de la part des nouvelles autorités libyennes.

Kadhafi victime d'un "crime de guerre" ?

© Reuters

Amnesty International a appelé vendredi les nouvelles autorités libyennes à enquêter sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi, avertissant que si le dirigeant déchu avait été tué délibérément après sa capture, cela constituerait "un crime de guerre".

"Si le colonel Kadhafi a été tué après sa capture, cela constituerait un crime de guerre et les responsables devraient comparaître en justice", a déclaré Claudio Cordone, directeur général de cette ONG basée à Londres.

Capturé vivant jeudi par des combattants libyens près de son fief de Syrte (360 km à l'est de Tripoli), comme l'attestent plusieurs vidéos, Mouammar Kadhafi est mort peu après dans des circonstances qui restent encore mystérieuses. Ce qui a conduit le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme à demander également vendredi une enquête.

"Enquêter pour savoir si cette mort est ou non un crime de guerre sera sans doute impopulaire. Toutefois le CNT (Conseil national de transition, nouvelles autorités libyennes) doit appliquer les mêmes règles à tous, en garantissant la justice même à ceux qui en privaient les autres", a ajouté Claudio Corone dans un communiqué.

L'ONG souligne "les informations contradictoires" autour de la mort de l'ex-leader libyen. Le chef de l'exécutif du CNT, Mahmoud Jibril, a assuré que Mouammar Kadhafi avait été tué d'une balle dans la tête dans un échange de tirs mais qu'"il était vivant jusqu'à son arrivée à l'hôpital" de Misrata.

Après la mort de Kadhafi, la Libye se prépare à proclamer sa "libération"

Les nouvelles autorités libyennes se préparaient à proclamer dimanche la "libération" totale du pays, après la mort du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi et la chute de son dernier bastion qui ont mis un point final à 42 ans de règne sans partage. Dans le même temps, l'Otan a annoncé qu'elle mettrait fin le 31 octobre à son opération maritime et aérienne en Libye après un "accord préliminaire" en ce sens entre les représentants des 28 pays membres de l'Alliance à Bruxelles.

"C'est confirmé. Nous annoncerons la libération totale de la Libye dimanche à 17 h (15 h GMT) sur la place du tribunal de Benghazi", a déclaré vendredi un responsable du Conseil national de transition (CNT) sous couvert de l'anonymat. C'est sur cette place sur le front de mer, rebaptisée place des Martyrs, à un millier de kilomètres à l'est de Tripoli, que les opposants - devenus ensuite des rebelles puis les nouvelles autorités - avaient défié le régime Kadhafi aux premiers jours de la révolte à la mi-février.

Cette proclamation doit mettre ainsi fin à un conflit qui a duré huit mois et coûté la vie, selon le CNT, à au moins 30.000 personnes. Début septembre, le CNT avait publié une feuille de route vers une nouvelle "Libye libre", qui prévoit la mise en place un mois après la libération d'un gouvernement de transition chargé d'organiser en huit mois des élections générales et de remettre ses pouvoirs à une Assemblée élue.

Le numéro deux du nouveau régime, Mahmoud Jibril, s'est rendu à Misrata (200 km à l'est de Tripoli) pour voir la dépouille de Mouammar Kadhafi, exposé dans une chambre froide, se disant "soulagé" que son sort soit réglé. Des milliers de personnes se sont succédé pour venir observer le cadavre de formant une queue de plusieurs centaines de mètres de long.

"Il nous reste encore deux étapes : Seif et Senoussi", a dit Mahmoud Jibril en allusion à Seif Al-Islam, fils de Kadhafi qui avait souvent été présenté comme son successeur potentiel, et Abdallah Senoussi, son chef des renseignements, tous deux recherchés par la Cour pénale internationale sur des soupçons de crimes contre l'humanité. Des informations contradictoires circulent depuis jeudi sur leur sort - capture, mort ou fuite - sans qu'aucune ne soit confirmée.

LeVif.be, avec Belga

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