Kadhafi s'obstine malgré les sanctions de l'ONU

28/02/11 à 08:22 - Mise à jour à 08:22

Source: Le Vif

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a rejeté d'un bloc les sanctions adoptées par l'ONU à l'encontre de son pays, ironisant sur ces Nations-Unies qui prennent des décisions sur base de dépêches d'agence de presse étrangères. Pour lui, tout va bien dans son pays, sauf quelques drogués qui seront vite matés.

Kadhafi s'obstine malgré les sanctions de l'ONU

© EPA

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a assuré dimanche soir que son pays était "complètement calme" et accusé al-Qaïda d'être à l'origine des "bandes terroristes" qui ont fait des victimes, dans une déclaration exclusive accordée au téléphone à la chaîne de télévision serbe Pink TV. "Il n'y a pas d'incidents en ce moment et la Libye est complètement calme. Il n'y a rien d'inhabituel. Il n'y a pas de troubles", a déclaré le colonel Kadhafi dans cette interview diffusée dimanche soir.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a accusé d'autre part al-Qaïda d'être à l'origine des "bandes terroristes" qui ont fait des victimes en Libye. "Des gens ont été tués par des bandes terroristes qui appartiennent sans aucun doute à al-Qaïda", a-t-il dit. Le dirigeant libyen a enfin déclaré qu'un "petit groupe" d'opposants était actuellement "encerclé". "Mais nous règlerons cela", a-t-il aussitôt ajouté, en assurant que "le peuple libyen se tenait totalement derrière lui".

Il a par ailleurs déclaré que la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant des sanctions à l'encontre de Tripoli est "sans valeur". "Le Conseil de sécurité a adopté une résolution qui est sans valeur" et non conforme à la Charte des Nations unies, a souligné Mouammar Kadhafi. "Comment est-il possible que le Conseil de sécurité adopte une résolution basée sur des articles des agences de presse étrangères? C'est inacceptable et contraire au sens commun", a poursuivi le dirigeant libyen.

Samedi, le Conseil de sécurité a imposé dans une résolution adoptée à l'unanimité des sanctions sévères au colonel Mouammar Kadhafi, à sa famille et à des proches du régime.

Cette résolution s'ajoute à la longue liste des défections dans la diplomatie et l'armée libyenne, ainsi qu'aux déclarations de dirigeants étrangers exhortant le Guide suprême de la révolution à faire un pas de côté. Ainsi encore, dimanche, le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré qu'il était "temps de partir" pour le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, ajoutant qu'il n'avait pas de rôle à jouer dans l'avenir de son pays. S'exprimant après une nouvelle opération de sauvetage par l'armée britannique de 150 civils étrangers bloqués dans le désert libyen, le chef du gouvernement britannique a assuré que "tout cela envoie un message clair à ce régime: il est temps pour le colonel Kadhafi de s'en aller, et de s'en aller maintenant". "Il n'y a pas de place pour lui dans la Libye de l'avenir", a ajouté M. Cameron.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a annoncé de son côté le gel des avoirs de Kadhafi et de sa famille et l'a appelé à "mettre fin au bain de sang" et à démissionner. M. Harper a indiqué, dans une déclaration en français et en anglais, transmise en direct par les télévisions, que le Canada appliquerait les sanctions adoptées par le Conseil de sécurité contre le régime libyen, et qu'il irait au delà de ces mesures. Il a annoncé notamment qu'outre le gel des biens de Kadhafi et de sa famille et l'interdiction de voyage touchant le dirigeant libyen et 15 de ses proches, Ottawa gelait toute transaction financière avec le gouvernement et les autres institutions libyennes, y compris la banque centrale. M. Harper a reproché à Kadhafi de violer son obligation fondamentale, celle d'assurer la sécurité des citoyens de son pays, avant de l'appeler en conclusion à "mettre fin au bain de sang" et à "renoncer à ses fonctions et à ses pouvoirs".

Avec Belga

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