Kadhafi accepte une "feuille de route" pour la paix

11/04/11 à 08:06 - Mise à jour à 08:06

Source: Le Vif

Mouammar Kadhafi a accepté une "feuille de route" pour la paix prévoyant un cessez-le-feu immédiat en Libye lors d'une rencontre avec une délégation de l'Union africaine.

Kadhafi accepte une "feuille de route" pour la paix

© Reuters/Louafi Larbi

C'est la première tentative officielle de conciliation en Libye. La délégation de l'Union africaine était à Tripoli ce dimanche pour essayer d'arracher un accord.

Le président sud-africain Jacob Zuma, qui dirigeait la délégation africaine à Tripoli dimanche, a invité l'Otan à mettre fin à ses bombardements contre les forces de Mouammar Kadhafi pour offrir une chance de succès à un éventuel cessez-le-feu.

Les insurgés qui ont pris les armes en février contre Mouammar Kadhafi ont prévenu qu'ils n'accepteraient rien d'autre qu'un départ du dirigeant libyen, au pouvoir depuis 1969, ce qui est jusqu'à présent exclu par Mouammar Kadhafi lui-même.

Prié de dire si la question du départ de Mouammar Kadhafi avait été évoquée durant les plusieurs heures d'entretiens entre le dirigeant libyen et la délégation africaine, Ramtane Lamamra, commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité, a répondu: "Il y a eu des discussions."

"Je ne peux rien dire au sujet de ces discussions confidentielles car, d'abord, je n'y ai pas participé, et je pense que leur contenu doit rester entre les parties impliquées", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse.

"Bonne volonté"

Gouma al Gamati, représentant en Grande-Bretagne de l'opposition libyenne, a dit que les insurgés examineraient attentivement les propositions de l'Union africaine mais qu'ils n'accepteraient aucun accord permettant à Mouammar Kadhafi ou à ses fils de rester au pouvoir, a rapporté la BBC.

Interrogé sur la réaction probable des insurgés, Ramtane Lamamra a répondu: "Nous pensons que nos propositions couvrent un champ suffisamment large pour permettre l'ouverture de négociations (...) Ce qu'il nous faut, c'est qu'ils reconnaissent que nous sommes des gens de bonne volonté."

Depuis le début du soulèvement, le régime libyen a déjà proclamé des cessez-le-feu qui ne se sont pas concrétisés sur le terrain.

Ahmad Bani, un porte-parole des insurgés, a rejeté toute possibilité d'accord avec Mouammar Kadhafi pour mettre fin au soulèvement le plus meurtrier dans le monde arabe depuis le début de la vague de contestation ayant déjà emporté le Tunisien Zine ben Ali et l'Egyptien Hosni Moubarak.

Bataille pour Ajdabiah L'apparition publique de Mouammar Kadhafi, la deuxième en deux jours, et son apparente décontraction incitent certains observateurs à considérer que le clan du dirigeant libyen est sorti de sa paralysie et qu'il se prépare à une longue lutte.

Sur le terrain, l'Otan a intensifié dimanche ses bombardements contre les forces de Mouammar Kadhafi pour tenter de desserrer leur étau contre la ville de Misrata, dans l'ouest de la Libye, et entraver leur progression dans l'est du pays.

L'Alliance atlantique dit avoir détruit 11 chars aux abords de la ville insurgée d'Ajdabiah, qui semblait sur le point de tomber dimanche, et 14 près de Misrata, le seul bastion insurgé dans l'ouest de la Libye, assiégé depuis six semaines.

Les frappes de l'Otan semblent avoir permis de repousser un assaut lancé samedi par les forces de Mouammar Kadhafi contre Ajdabiah, un verrou sur la route menant à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et bastion des insurgés dans l'Est.

Les combattants loyalistes ont bombardé Ajdabiah pendant plusieurs heures, certains s'avançant même dans la ville, avant que les insurgés n'en reprennent le contrôle dimanche dans l'après-midi.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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