Kadhafi a fait payer Lockerbie à des entreprises US

24/03/11 à 18:33 - Mise à jour à 18:33

Source: Le Vif

Des collaborateurs de Mouammar Kadhafi ont ordonné en 2009 à des sociétés américaines de payer 1,5 milliard de dollars de compensations destinées aux victimes de l'attentat de Lockerbie, sous peine de voir leurs contrats avec Tripoli résiliés.

Kadhafi a fait payer Lockerbie à des entreprises US

© Bloomberg

Des responsables libyens avaient averti les patrons que si leurs entreprises - pour la plupart des sociétés pétrolières - ne payaient pas, il y aurait "de lourdes conséquences", selon un rapport du département d'Etat cité par le New York Times jeudi.

Kadhafi et ses fils ont extorqué les multinationales, amassant des milliards de dollars. "La Libye est une kleptocratie où la famille Kadhafi et ses proches alliés ont des intérêts directs dans tout ce qui a un peu de valeur", dit un télégramme diplomatique cité par le journal.

L'attrait pour la Libye a surgi en 2008, lorsque Tripoli est arrivé à un compromis sur le rôle joué par le pays dans l'attentat de Lockerbie (1988). Un avion de la compagnie américaine Pan Am avait explosé en vol au-dessus de ce village d'Ecosse, faisant 270 morts, pour la plupart américains.

Après cet accord, une dizaine de compagnies avaient essayé d'entrer sur le marché libyen, notamment Boeing, ConocoPhilips, Caterpillar et Halliburton, écrit le New York Times. Un télégramme du département d'Etat daté de février 2009 précise que, lorsque la Libye a adressé ses demandes de paiement, plusieurs sociétés ont d'abord rechigné mais ont finalement accepté, de peur de perdre des contrats lucratifs. Les noms de ces sociétés ne sont pas cités dans le télégramme, précise le journal.

Plusieurs multinationales ont versé des "primes" géantes au gouvernement libyen après la signature de contrats. Ainsi, Occidental Petroleum a signé un chèque d'un milliard de dollars en échange d'un contrat de 30 ans, et le géant canadien Petro-Canada a effectué un virement similaire en 2007, affirme le journal, citant des télégrammes et des responsables de sociétés.

Juan Zarate, ancien responsable de la Maison-Blanche sous la présidence de George W. Bush, a estimé que Washington avait conclu "un pacte avec le diable" en reprenant les affaires avec la Libye en 2004.

LeVif.be, avec Belga

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