Kabila s'accroche-t-il au pouvoir ?

20/08/16 à 17:58 - Mise à jour à 21/08/16 à 09:19

Source: Belga

L'élection présidentielle de la République démocratique du Congo ne se déroulera pas avant l'année prochaine. De quoi compliquer encore davantage un climat politique déjà très tendu en RDC.

Kabila s'accroche-t-il au pouvoir ?

© Reuters

Cela signifie que le président Joseph Kabila restera un temps un pouvoir après l'expiration de son mandat, fin décembre. Le vote était initialement prévu pour la fin du mois de novembre. La commission électorale donne deux raisons à ce retard: un manque de fonds et un retard dans l'enregistrement des nouveaux électeurs. Selon Reuters, qui se base sur des analystes politiques anonymes, il n'est même pas sûr que l'élection se tiendra en 2017 ou même en 2018.

Au pouvoir depuis 2001, Joseph Kabila doit arriver au terme de son mandat le 20 décembre. Alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat, l'opposition craint qu'il ne tente de s'accrocher au pouvoir.

Fin novembre, M. Kabila avait convoqué ce "dialogue national" afin de mettre autour de la table la majorité, l'opposition et la société civile pour réfléchir à la tenue d'"élections apaisées".

La majeure partie de l'opposition avait d'abord boudé ce dialogue, le considérant comme un "piège", puis a accepté d'y participer sous conditions, notamment la libération des prisonniers politiques.

L'annonce vendredi par les autorités congolaises de la libération d'une vingtaine de "prisonniers politiques et d'opinion" a été considérée par le facilitateur comme une réponse positive à l'un des préalables de l'opposition. Le "Rassemblement" a toutefois déclaré qu'"aucun acteur politique incarcéré ou en détention" n'était bénéficiaire de ces mesures, estimant que sur 112 "prisonniers politiques et d'opinion", seulement quatre ont été libérés.

L'opposition refuse de participer aux travaux préparatoires du "dialogue national"

La coalition des forces d'opposition congolaise, le "Rassemblement" récemment créé à Bruxelles, a annoncé son refus de participer aux travaux préparatoires du "dialogue national", convoqués mardi par le facilitateur de l'Union africaine (UA), en vue d'"élections apaisées" en République démocratique du Congo (RDC).

Le "Rassemblement" qui s'est réuni "en urgence" considère la décision du facilitateur "comme une provocation (...)", lit-on dans un communiqué reçu par l'AFP. La coalition "demande à l'ensemble (du) peuple de se mobiliser comme un seul homme en vue de faire échec à cette énième forfaiture en observant une journée morte ce mardi 23 août".

Pour les opposants, le facilitateur et ses "complices" seront tenus pour "responsables" des conséquences de l'"entêtement (du facilitateur, ndlr) à vouloir à tout prix accorder un troisième mandat (au président Joseph) Kabila en violation de la Constitution".

"Ce comité n'engage que la personne de Kodjo qui est en plein forcing", a réagi samedi auprès de l'AFP Joseph Olenghankoy, l'un des responsables du "Rassemblement".

Le facilitateur, l'ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo, avait "convié" les délégués mandatés par les organisations politiques et la société civile à prendre part aux travaux du comité préparatoire du "dialogue national" mardi, selon un communiqué diffusé plus tôt samedi.

Le 31 juillet, le "Rassemblement" avait récusé M. Kodjo, l'accusant de partialité, et avait fait de son remplacement par l'UA la condition principale à la participation au dialogue.

Le Mouvement de libération du Congo (MLC), deuxième force à l'Assemblée nationale, a également exclu toute participation au dialogue. Le mouvement a fait savoir, par le sénateur Jacques Djoli, "ne pas être concerné par cette démarche extra-constitutionnelle".

"Les choses sérieuses vont enfin commencer", s'est au contraire réjoui André-Alain Atundu, porte-parole de la majorité présidentielle au pouvoir.

Didier Reynders qualifie la libération de prisonniers politiques de "pas important"

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders qualifie l'annonce des autorités congolaises vendredi de la libération de prisonniers politiques en République démocratique du Congo (RDC) et de la réouverture de certains médias de "pas important dans la bonne direction", annonce-t-il dans un communiqué samedi.

Le ministre dit se réjouir "en particulier de la libération annoncée de militants de la société civile, comme Christopher Ngoyi, Fred Bauma, Yves Makwambala et Jean-Marie Kalonji". Il affirme espérer qu'il ne s'agira pas des seules libérations de personnes "poursuivies ou condamnées pour des raisons politiques en RDC" et "qu'il sera mis fin aux poursuites à caractère politique afin de permettre au dialogue de démarrer dans un climat plus serein". "La Belgique continue par ailleurs à encourager tous les acteurs politiques à participer à un dialogue permettant d'organiser les prochaines élections dans de bonnes conditions et à brève échéance", conclut le communiqué.

Nos partenaires