Juncker: "Les partisans du Brexit sont totalement incapables de nous dire ce qu'ils veulent"

29/06/16 à 06:57 - Mise à jour à 06:57

Source: Belga

Les dirigeants européens sont d'accord sur le fait qu'il faut rapidement ramener la stabilité après la victoire du "Leave" au référendum organisé au Royaume-Uni jeudi dernier, mais ils divergent sur la manière d'y parvenir, est-il ressorti de leur réunion mardi soir. La discussion continuera mercredi matin à 27, la première réunion du genre sans le Royaume-Uni.

Juncker: "Les partisans du Brexit sont totalement incapables de nous dire ce qu'ils veulent"

Cameron et Juncker © REUTERS

La réunion des chefs d'Etat et de gouvernement s'est déroulée dans une atmosphère constructive, où chacun était conscient du sérieux de la situation et a gardé la tête froide, a indiqué en fin de soirée le Premier ministre Charles Michel à l'Agence Belga.

"Il y a un consensus pour être à la hauteur et retrouver la stabilité." Si tout le monde s'entend sur cet objectif, les vues divergent quant à la manière de l'atteindre. Certains pensent qu'il faut être compréhensifs avec le Royaume-Uni, d'autres qu'il faut "leur mettre le couteau sur la gorge".

"La Belgique se situe au milieu des deux positions", a souligné le Premier ministre. Le Premier ministre britannique David Cameron, qui a annoncé mardi que son successeur serait connu début septembre, "a conscience que le Royaume-Uni ne pourra pas avoir tous les avantages", notamment en matière de libre circulation, en sortant de l'UE.

M. Cameron a déclaré lors du dîner avec ses homologues que le Royaume-Uni et l'Union européenne devaient "avoir des relations économiques aussi rapprochées que possible et que la clé pour rester proche est vraiment d'étudier une réforme de la libre circulation des personnes", a détaillé cette source.

Pas préparés au "Leave"

Le Premier ministre britannique a également reconnu que les partisans du Brexit n'étaient pas préparés à la victoire du "Leave". "Ils sont totalement incapables de nous dire ce qu'ils veulent", a résumé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Le Royaume-Uni travaillera ces prochaines semaines sur les différentes hypothèses qui peuvent découler des résultats du référendum de jeudi passé. Il ne s'agira pas de négociations - formelles ou informelles -, alors que l'UE refuse d'entamer une quelconque négociation avant que le Royaume-Uni ait formellement notifié son intention de quitter l'UE. M. Cameron a déjà indiqué qu'il laisserait cette responsabilité à son successeur.

Tous les chefs d'Etat et de gouvernement européens, excepté David Cameron, se retrouveront mercredi dès 09h00 pour discuter de l'attitude à adopter face au Royaume-Uni ces prochains jours et semaines. Les discussions devraient être animées, car les positions, notamment de la France et de l'Allemagne, sont assez différentes. D'autres thèmes, comme la crise migratoire ou les relations extérieures de l'UE, ont été abordés, "mais tous les esprits étaient très concentrés sur le Brexit", a reconnu le Premier ministre belge.

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