Journée de grèves tous azimuts en France, premiers incidents à Paris

26/01/16 à 10:12 - Mise à jour à 10:12

Source: Afp

Taxis, contrôleurs aériens, enseignants et fonctionnaires en grève: la France est touchée mardi par une forte mobilisation sociale en faveur d'une hausse du pouvoir d'achat, qui perturbait autour de Paris le trafic aérien et les transports.

Journée de grèves tous azimuts en France, premiers incidents à Paris

© Belga

De premiers incidents ont éclaté en début de matinée dans l'ouest de la capitale, où des taxis ont interrompu la circulation dans les deux sens sur le périphérique parisien et incendié des pneus qui dégageaient une épaisse fumée noire.

Essuyant quelques jets de pierre, les forces de l'ordre sont intervenues pour dégager ces barricades fortune et tenter de rétablir la circulation.

La grève des taxis s'annonçait comme le mouvement le plus spectaculaire de la journée et devrait se traduire par d'importantes perturbations, à Paris et autour de ses deux aéroports de Roissy et d'Orly, où ont été déjà signalés quelques incidents en début de matinée.

Un manifestant a notamment été blessé à Orly après avoir été percuté par une navette qui a tenté de forcer le passage. Le conducteur a été interpellé par la police, et a expliqué avoir accéléré sous l'effet de la panique.

La victime souffre d'une "blessure au tibia péroné" et a été prise en charge par les secours. Le calme est revenu après l'accident, mais les manifestants poursuivaient leur action avec un barrage filtrant à la sortie d'Orly.

Des milliers de chauffeurs sont appelés à se mobiliser dans toute la France pour protester contre les "dérives" de leurs concurrents du secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC).

'Ca va être chaud!'

Selon la préfecture de police, 1.200 taxis ont été comptabilisés sur différents sites de protestation, notamment à Orly où quelques dizaines de manifestants ont organisé un filtrage sur une autoroute voisine en installant des plots sur la chaussée, ne laissant passer que les taxis en grève, dans une ambiance échauffée.

"Ca va être chaud", a promis un porte-parole d'une des deux intersyndicales organisatrices, Karim Asnoun. La grève "risque d'être fortement suivie et très dure", a prévenu Serge Metz, PDG des Taxis G7, l'une des plus importantes compagnies du pays.

Un précédent mouvement, en juin 2015, avait été émaillé de violences. A l'époque, les taxis s'élevaient contre UberPop, service low cost du géant américain du VTC Uber.

UberPop a été interdit depuis mais le secteur n'est pas pour autant apaisé, touché à Paris par une baisse d'activité de 20 à 30% selon des professionnels.

La grève des taxis coïncide avec un mouvement de grogne des quelque 5,6 millions de fonctionnaires, soumis à un régime de rigueur depuis juillet 2010 et que plusieurs syndicats appellent à manifester pour une hausse de leur pouvoir d'achat.

Entre 110 et 120 manifestations sont prévues en France, auxquelles devraient se joindre les enseignants, mobilisés contre une réforme des collèges d'enseignement du secondaire. Plusieurs rassemblements par secteur professionnel (santé, finances...) sont attendus dans la matinée, notamment à Paris.

Les employés de la Sécurité sociale et de certains secteurs privés hospitaliers et associatifs comme l'aide à l'enfance, devraient également se joindre au mouvement, ainsi que les contrôleurs aériens.

Du fait de la participation des contrôleurs aériens, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies d'annuler préventivement mardi 20% de leurs vols. Selon elle, des "perturbations sont attendues sur l'ensemble du territoire".

Outre la baisse du pouvoir d'achat, les syndicats de fonctionnaires dénoncent "la perte d'emplois dans des secteurs clés de la fonction publique".

Ils font valoir que si des recrutements ont été annoncés pour 2016 dans les secteurs de la sécurité (police, gendarmerie, justice), depuis les attentats de l'an passé, et dans l'éducation, "la fonction publique a perdu globalement 150.000 postes depuis 2007" et réclament "des créations nettes d'emplois publics" notamment dans les hôpitaux.

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