Jérusalem: l'ONU se dit "très inquiète des risques d'une escalade violente" après la décision de Trump

08/12/17 à 17:36 - Mise à jour à 19:29

Source: Afp

L'ONU est "particulièrement inquiète des risques d'une escalade violente" après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël, a affirmé vendredi au Conseil de sécurité Nickolay Mladenov, coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient.

Jérusalem: l'ONU se dit "très inquiète des risques d'une escalade violente" après la décision de Trump

© REUTERS/Mohamad Torokman

"Du 6 au 8 décembre" sont annoncés "trois jours de rage", a-t-il ajouté lors d'une liaison vidéo de Jérusalem organisée à l'occasion d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité convoquée à la demande de huit de ses membres après la décision américaine.

Nickolay Mladenov a mis en garde contre le risque que cette décision provoque "un radicalisme religieux".

"Jérusalem est la question la plus complexe" à résoudre dans le conflit israélo-palestinien, a-t-il aussi déclaré, en évoquant le "symbole de la foi chrétienne, juive et musulmane" que cette ville représente. Seule une "négociation entre les deux parties" peut décider de son avenir, a insisté le responsable.

Nickolay Mladenov a appelé les dirigeants du monde entier "à montrer de la sagesse" pour ramener le calme dans la région.

La réunion en urgence du Conseil de sécurité, composé de 15 membres, a été demandée par la Suède, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, la Bolivie, l'Uruguay, l'Egypte et le Sénégal.

Plusieurs de ces Etats considèrent que la décision américaine viole des résolutions de l'ONU. Il s'agit d'une "violation de la légitimité internationale", a souligné l'ambassadeur égyptien, Amr Aboulatta, en évoquant une "ville sous occupation".

Son homologue suédois, Olof Skoog, a rappelé la résolution 2334, adoptée le 23 décembre 2016, qui souligne que le Conseil de sécurité "ne reconnaîtra aucune modification aux frontières du 4 juin 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, autres que celles convenues par les parties par la voie de négociations". Cette résolution avait été approuvée par 14 pays, les Etats-Unis dirigés alors par le démocrate Barack Obama ayant choisi l'abstention, ce qui avait permis l'adoption du texte.

"Le moment est venu d'avancer vers un accord de paix détaillé", a aussi réclamé le diplomate suédois.

La décision de Donald Trump, qui ne se concrétisera pas avant plusieurs années, a provoqué la fureur du monde arabe et suscité une réprobation générale des partenaires de Washington. Interrogé avant la réunion sur ce qu'il fallait attendre de cette réunion en urgence du Conseil de sécurité, un diplomate a répondu: "Rien". Selon un autre, la réunion devait montrer "l'isolement" des Etats-Unis sur ce dossier.

Le grand imam d'Al-Azhar annule une rencontre avec le vice-président américain Pence

Le grand imam d'Al-Azhar a annulé une rencontre avec le vice-président des Etats-Unis Mike Pence pour protester contre la décision américaine de déclarer Jérusalem capitale d'Israël, a annoncé vendredi cette influente institution de l'islam sunnite basée au Caire.

Dans un communiqué, Ahmed al-Tayeb a indiqué qu'il était revenu sur sa décision de rencontrer M. Pence, qui doit effectuer une visite en Israël et en Egypte dans la seconde moitié de décembre. La rencontre avec M. Pence était prévue le 20 décembre, selon le communiqué d'Al-Azhar.

Le grand imam a annoncé "son rejet catégorique d'une requête formelle du vice-président américain Mike Pence pour le rencontrer le 20 décembre", ajoute le texte.

L'ambassade des Etats-Unis avait soumis une requête officielle il y a une semaine, "et le grand imam avait donné une réponse positive, mais après la décision américaine injuste de Jérusalem, le grand imam d'Al-Azhar annonce son refus ferme et décisif de cette rencontre".

Une centaine de personnes manifestent à Bruxelles en soutien au peuple palestinien

Une centaine de personnes se sont rassemblées vendredi à 16h00 face à l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles. "Solidarité avec le peuple palestinien", scandent les manifestants, alors que le président américain Donald Trump a décidé de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

"Arrêtez le massacre! L'Amérique complice, l'Europe complice, l'Onu complice", peut-on également entendre.

"Israël terroriste", "Israël, casse-toi", clament encore la plupart des manifestants, sous haute surveillance policière.

Brandies sous une banderole de drapeaux palestiniens, des pancartes proclament que Jérusalem est la capitale de la Palestine.

Le rassemblement a été initié par l'association Justice sans frontières. Vers 16h30, les participants continuaient à affluer.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce vendredi dans plusieurs pays arabes et musulmans pour protester contre la décision de Donald Trump et exprimer leur solidarité avec les Palestiniens.

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