James Foley et la "gêne" de l'administration américaine

12/09/14 à 17:48 - Mise à jour à 17:48

La mère de James Foley, l'otage américain décapité par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en août, a déclaré avoir senti que le cas de son fils avait constitué une "gêne" pour l'administration américaine.

James Foley et la "gêne" de l'administration américaine

© AFP/Aris Messinis

Dans un entretien diffusé par la chaîne CNN tard jeudi, Diane Foley a expliqué que sa famille avait été menacée de poursuites au cas où elle essaierait de lever des fonds pour le versement d'une rançon aux ravisseurs de son fils. La famille a également été informée qu'aucun prisonnier ne serait échangé contre Foley, et que le gouvernement ne lancerait pas d'opération militaire, a ajouté Diane Foley. La famille a été dissuadée d'"aller parler aux médias" et "rassurée sur le fait que l'on s'occupait du cas" du journaliste, a-t-elle dit.

"En tant qu'Américaine, j'étais embarrassée et choquée."

Le Pentagone et la Maison blanche avaient annoncé peu après l'exécution sommaire de Foley l'échec d'une opération "cet été" pour porter secours à des otages américains détenus par l'EI en Syrie. "Je pense que nos efforts pour faire libérer Jim ont représenté une gêne pour le gouvernement", a commenté Diane Foley, "cela ne semblait pas faire partie de nos intérêts stratégiques, si vous voulez".

L'exécution sommaire du journaliste de 40 ans a été rapportée le 19 août dans une vidéo de l'Etat islamique qui montre sa décapitation. Une semaine plus tard, c'est l'exécution sommaire d'un autre journaliste américain, Steven Sotloff, qui a été annoncée par les militants de l'EI. James Foley a couvert les conflits en Afghanistan, en Libye et en Syrie et travaillait notamment pour le site d'informations GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres organismes de presse.

Il avait été enlevé par des hommes armés dans le nord de la Syrie en 2012. "Jim aurait été attristé. Jim a cru jusqu'à la fin que son pays viendrait à leur secours", a dit sa mère au sujet des otages. "On nous a juste dit d'avoir confiance dans le fait qu'il serait libéré d'une manière ou d'une autre, miraculeusement", a dit sa mère, "et il ne l'a pas été, n'est-ce pas?"

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