Italie: Médecins sans frontières se retire du hotspot de Pozzallo

30/12/15 à 15:36 - Mise à jour à 15:35

Source: Afp

Médecins sans frontière (MSF) se retire du "hotspot" européen de Pozzallo en Sicile (sud), afin de protester "contre les conditions d'accueil inappropriées et indignes" des migrants, ne lui permettant pas d'accomplir au mieux sa tâche, explique mercredi l'association.

Italie: Médecins sans frontières se retire du hotspot de Pozzallo

© AFP

MSF "annonce son retrait du CPSA (centre de premiers secours et d'accueil, NDLR) de Pozzallo et l'arrêt du projet de soutien psychologique aux centres d'accueil extraordinaires de la province de Raguse (sud)", affirme l'association dans un communiqué.

Pointé du doigt, le CPSA de Pozzallo, devenu fin novembre l'un des premiers "hotspots" européens, "n'offre pas un minimum de garanties pour une collaboration efficace", selon MSF.

"Les besoins médicaux et humanitaires des personnes les plus vulnérables, qui ont vécu des conditions de traversée (de la Méditerranée, NDLR) extrêmement difficiles, au cours de leur voyage vers l'Europe, doivent être la priorité", insiste l'ONG.

Déjà, mi-octobre, aux côtés d'autres associations d'aides aux migrants, MSF s'était inquiété que des dizaines de personnes nécessitant des soins, à peine débarquées en Sicile, aient été renvoyées du CPSA par les autorités, munies d'une injonction à quitter le territoire.

Pozzallo est devenu fin novembre un centre d'accueil destiné selon l'Union européenne à faire le tri entre les candidats à l'asile et les migrants économiques.

"Malgré nos demandes, les conditions précaires et peu dignes dans lesquelles sont accueillis migrants et réfugiés à peine débarqués (...) risquent de perdurer dans le futur", s'inquiète le chef de la mission MSF en Italie, Stefano di Carlo.

"Dans ces conditions, ajoute-t-il, notre capacité à offrir une réponse efficace aux besoins médicaux et psychologiques des personnes vulnérables - femmes enceintes, mineurs et victimes de tortures - hébergées dans le centre de Pozzallo ainsi que dans ceux de Raguse est extrêmement limitée".

L'Italie a vu débarquer sur ses côtes plus de 320.000 migrants depuis deux ans.

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