Italie: Hausse du taux d'abstention dans les élections locales partielles

01/06/15 à 06:28 - Mise à jour à 06:28

Source: Belga

Les élections régionales et municipales partielles en Italie ont été marquées dimanche par une forte baisse de la participation et des résultats que les sondages à la sortie des urnes annoncent contrastés selon les régions pour le chef du gouvernement Matteo Renzi.

Italie: Hausse du taux d'abstention dans les élections locales partielles

Matteo Renzi © AFP

A la fermeture des bureaux de vote à 23H00 dans sept régions - la Vénétie, la Ligurie, la Toscane, les Marches, l'Ombrie, la Campanie et les Pouilles - et quelque 750 communes, la participation a été de 64% pour les municipales et entre 49 et 56% pour les régionales, en moyenne de 10 points de moins que lors des derniers scrutins similaires en 2010. Le dépouillement pourrait prendre une partie de la nuit et les premiers résultats sont attendus lundi.

Selon les sondages de sortie des urnes, la surprise pourrait venir de Ligurie, région du nord-ouest du pays jusqu'à présent dirigée par le centre-gauche, où la candidate du Parti démocratique (PD) de M. Renzi, Raffaella Paita, n'arriverait qu'en troisième position. Contestée par un candidat dissident du PD, elle serait devancée par Giovanni Toti, candidat derrière lequel le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi et la Ligue du Nord de Matteo Salvini s'étaient unis, mais aussi par le Mouvement 5 étoiles, le parti contestataire de l'ex-comique Beppe Grillo.

En revanche en Campagnie, la région de Naples, le candidat du PD Vincenzo De Luca semblait légèrement devant le gouverneur sortant de Forza Italia, Stefano Caldoro.

Si cette avance devait se confirmer lors du dépouillement, elle constituerait un succès embarrassant pour le PD: M. De Luca désigné en mars par des primaires, avait été déclaré vendredi "imprésentable" par une commission parlementaire consultative anti-mafia. Ancien maire de Salerne, M. De Luca a été condamné en première instance pour abus de pouvoir et doit être jugé à partir de juin dans une autre affaire pour fraudes et associations de malfaiteurs.

En revanche, le centre-gauche devrait conserver son bastion de Toscane et semblait en passe de garder aussi les Marches et les Pouilles, tandis que la Vénétie restait aux mains de la Ligue du Nord, le parti anti-euro et anti-immigrés. L'issue du scrutin en Ombrie restait incertaine.

Cette bataille électorale est la première d'importance depuis les élections européennes remportées haut la main il y a un an par le Parti démocrate (PD, gauche) de Matteo Renzi avec 40,1% des voix.

Même s'il a martelé samedi que ces élections locales n'avaient qu'"une valeur locale", le jeune chef du gouvernement, engagé dans un vaste programme de réformes menées parfois même contre l'aile gauche de son parti, verra son aura pâlir en cas de résultat mitigé.

Au-delà des spéculations sur le "score" possible de M. Renzi (6 régions à 1 serait un succès, 4 à 3 un échec), le scrutin était aussi l'occasion pour l'opposition de mesurer ses forces.

Les scores de Forza Italia et de la Ligue du Nord seront également observés à la loupe. Les deux partis se disputent à plus long terme l'hégémonie à droite, alors que la réforme électorale récemment adoptée pour les prochaines législatives devrait pousser l'Italie vers une forme de bipartisme.

Pour M. Berlusconi, dont le parti Forza Italia est en pleine déliquescence, c'est l'une des dernières occasions de montrer qu'à 78 ans, il peut encore peser sur la vie politique du pays.

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