Israël/Palestine : les négociations pour la paix ne seront pas faciles

02/09/10 à 12:10 - Mise à jour à 12:10

Source: Le Vif

C'est aujourd'hui après 20 mois de silence, que les leaders israéliens et palestiniens entament les négociations de paix à Washington sous l'égide du Président Barack Obama et de la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le Président palestinien Mahmoud Abbas se sont réunis hier soir à la Maison Blanche afin de reprendre des discussions rompues depuis 2008 suite à l'offensive israélienne à Gaza.

Israël/Palestine : les négociations pour la paix ne seront pas faciles

© EPA

Barack Obama a dit "espérer (...) prudemment espérer mais espérer" que cette nouvelle tentative de paix aboutisse. De son côté, Benjamin Netanyahu a déclaré à Mahmoud Abbas : "Vous êtes mon partenaire pour la paix" et a dit vouloir "forger une paix sûre et durable entre Israël et les Palestiniens".

Un plan de paix semé d'embûches

Mais si c'est le mot paix qui était sur toutes les lèvres hier soir - du moins devant les caméras - la reprise des négociations ne suscite guère beaucoup d'illusions, tant les divergences sur des dossiers clefs semblent grandes. Frontières du futur Etat palestinien, Jérusalem, statut des réfugiés sont autant de problèmes à gérer.

Première difficulté immédiate, le gel de la colonisation israélienne qui s'achève en principe le 26 septembre. Les Palestiniens ont déjà prévenu que toute reprise des constructions "vouerait les négociations à l'échec". Autre difficulté : la situation sur le terrain. L'attaque de mardi qui a tué quatre colons israéliens en Cisjordanie et celle de mercredi à l'est de Ramallah qui a fait deux blessés, ne sont qu'un rappel d'une tension qui persiste depuis plus de 60 ans.


Vu de Belgique, le Commissaire européen Karel De Gucht se dit sceptique sur les chances de succès des pourparlers directs de paix entre Israéliens et Palestiniens. "Je vois peu de raisons de penser qu'il y a cette fois-ci plus de chances de réussir", a commenté l'ancien ministre belge des Affaires étrangères sur les ondes de Radio Eén (VRT).


Une influence sur les élections de mi-mandat d'Obama ?


D'autre part, ce n'est pas un hasard si Obama a précipité ces discussions deux mois avant les élections de mi-mandat, pour lesquelles les démocrates sont donnés perdants. "Les républicains ont utilisé Israël contre les démocrates en disant qu'Obama n'était pas l'ami d'Israël. Obama a donc tout intérêt à lancer des négociations de paix a priori favorables à Israël pour que Nétanyahou affirme qu'ils sont tous les deux sur la même longueur d'onde", analyse Michele Dunne dans Le Monde ce matin.


La suite du programme est que les deux leaders conviennent d'un second round de négociations en septembre, puis d'un troisième, avec Obama à nouveau, en marge de la conférence des Nations-Unies à New York fin septembre.

E.J.

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