Israël : Netanyahu commence à consulter pour une coalition

23/01/13 à 11:15 - Mise à jour à 11:15

Source: Le Vif

Benjamin Netanyahu, affaibli au lendemain des législatives en Israël, est le mieux placé pour former le prochain gouvernement mais il devra vraisemblablement s'allier avec le nouveau parti modéré Yesh Atid, le vainqueur inattendu des élections, au prix de concessions.

Israël : Netanyahu commence à consulter pour une coalition

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Cette alliance pourrait forcer le Premier ministre sortant à mettre la pédale douce sur la colonisation et à se rapprocher des Etats-Unis et de Barack Obama, selon les commentateurs.

M. Netanayhu, qui a fait part de son intention de former le "gouvernement le plus large possible", a commencé dès mardi soir des consultations téléphoniques avec les chefs de file des principaux partis. "Je voudrais que Netanyahu forme un gouvernement d'union nationale, un gouvernement élargi face à la question iranienne, au printemps arabe et à l'hiver islamiste", a plaidé le vice Premier ministre Silvan Shalom.

"Nous mènerons des négociations avec tous les partis pour voir comment former un tel gouvernement le plus rapidement possible", a promis M. Shalom, un dirigeant modéré du Likoud, le parti historique de la droite dirigé par M. Netanyahu.

Selon les chiffres de la commission centrale électorale, qui portent sur 99,5% des résultats, la coalition de droite et des religieux est à égalité avec le bloc du centre et de gauche, en intégrant à ce dernier les partis arabes qui en général restent en dehors des coalitions gouvernementales. Chacun des deux blocs compte 60 élus.

La liste commune formée par le Likoud de "Bibi" Netanyahu et le parti Israël Beiteinou de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman essuie un cuisant revers avec 31 sièges seulement, contre 42 ensemble dans le Parlement sortant.

En revanche, Yaïr Lapid, ex-journaliste vedette de la TV, a créé la sensation en faisant de Yesh Atid, qu'il a lancé il y a un an à peine, le deuxième parti d'Israël avec 19 députés, devant le Parti travailliste de Shelly Yachimovich (15 sièges).

"Il n'y aura aucun gouvernement raisonnable - c'est-à-dire aucun gouvernement que Netanyahu pourra diriger sans devenir un paria international - sans Lapid. Il est donc devenu le joueur le plus important dans le système politique", prédit l'analyste Yossi Verter dans le quotidien Haaretz.

Parmi les autres partis considérés comme des "alliés naturels" de M. Netanyahu, le Foyer juif, la formation nationaliste religieuse représentant les colons, a 11 élus, le partis ultra-orthodoxe sépharade Shass 11 et l'autre parti religieux ashkénaze Judaïsme unifié de la Torah 7.

Le nouveau mouvement centriste de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, HaTnouha, qui a fait campagne pour la relance du processus de paix avec les Palestiniens, n'obtient que 6 sièges, le Meretz (gauche) 6 et les partis arabes 12. Kadima, l'ex-premier parti à la Knesset, s'effondre comme prévu avec 2 élus.

Le succès spectaculaire de Yesh Atid ("Il y a un avenir") représente une victoire des classes moyennes intéressées d'abord par les questions sociales et sociétales.

Au premier rang des préoccupations de ce parti qui a fait de la laïcité un de ses chevaux de bataille, figure l'égalité face au service militaire, dont sont dispensés les religieux ultra-orthodoxes.

Yaïr Lapid, 49 ans, nouveau venu en politique devenu faiseur de roi, a lui aussi souhaité un gouvernement "le plus large possible". "Nous avons des lignes claires, surtout sur le service militaire.

Nous exigerons du Premier ministre des actes, pas seulement des slogans", a cependant expliqué à la radio Meïr Cohen, numéro 4 sur la liste de Yesh Atid. "Nous ne siègerons pas dans un gouvernement qui ne négociera pas avec les Palestiniens", a souligné M. Cohen.

"L'isolement dans lequel Netanyahu et Lieberman ont conduit Israël a inquiété les électeurs, qui veulent de bonnes relations avec les Etats-Unis, sous le président Barack Obama, au lieu de logements supplémentaires dans les colonies et des menaces de guerre contre l'Iran", estime l'éditorial du Haaretz.

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