Israël: des soldats de la plus prestigieuse unité de renseignement refusent de participer à de nouveaux "abus"

12/09/14 à 10:42 - Mise à jour à 10:42

Source: Le Vif

Une quarantaine d'officiers et soldats de réserve de la plus prestigieuse unité de renseignement militaire israélien ont décidé de ne plus servir, refusant de participer aux "abus" commis selon eux contre les Palestiniens, dans une lettre publiée vendredi dans la presse.

Israël: des soldats de la plus prestigieuse unité de renseignement refusent de participer à de nouveaux "abus"

Soldats israéliens (archives). © Belga

Si elle est authentique, la lettre, dont les extraits sont parus dans le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, est l'une des plus importantes expressions d'objection de conscience depuis longtemps en Israël.

Les 43 signataires, hommes et femmes, ont servi dans l'unité 8200, le service de renseignement militaire le plus honoré, explique le journal. Spécialisée dans la cyberdéfense, l'unité 8200 est souvent comparée à la NSA (National Security Agency) américaine.

Réservistes, les 43 soldats peuvent y être rappelés à tout moment. Mais ces soldats, dont le nom n'est pas divulgué par le journal, ne veulent plus "continuer à servir ce système qui porte atteinte aux droits de millions de personnes", dit leur lettre envoyée au Premier ministre et au chef d'état-major. Aucun témoignage de ces "refuzniks" (terme désignant des Israéliens refusant de servir) n'est lié à la guerre menée en juillet et août dans la bande de Gaza.

Dans leur lettre, les 43 soldats évoquent leur rôle capital dans les opérations d'éliminations ciblées pratiquées par l'armée. Une femme parle de l'erreur d'identification qu'elle a commise et qui a conduit selon elle à la mort d'un enfant. D'autres s'émeuvent d'avoir à écouter les conversations les plus intimes de Palestiniens. "Nous appelons tous les soldats qui servent actuellement dans cette unité ou qui vont y servir, tous les citoyens d'Israël à faire entendre leurs voix contre ces abus et agir pour y mettre un terme", dit leur lettre. Les 43 objecteurs de conscience encourent des peines de prison.

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