Immigration : la Commission propose un plan en dix actions pour éviter de nouveaux drames en mer

20/04/15 à 20:05 - Mise à jour à 20:05

Source: Belga

La Commission européenne a présenté lundi aux ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur des 28 un ambitieux plan en dix points pour tenter, après un nouveau naufrage qui aurait fait des centaines de morts, d'apporter des réponses au drame des migrants en Méditerranée, en renforçant notamment les patrouilles en mer et en s'attaquant aux trafiquants d'êtres humains, ce qui pourrait aller jusqu'à la destruction de leurs embarcations avant l'embarquement de passagers.

Immigration : la Commission propose un plan en dix actions pour éviter de nouveaux drames en mer

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La Belgique est prête à étudier une participation une opération militaire inspirée de l'exemple d'Atalanta - la force navale européenne qui lutte contre la piraterie somalienne dans la région de la Corne de l'Afrique -, a indiqué le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, à l'agence Belga à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, élargie en dernière minute à ceux de l'Intérieur.

Les 41 ministres présents ont apporté leur soutien à ce plan de la Commission pour faire face rapidement à l'afflux de réfugiés. Ces dix points seront discutés lors du sommet extraordinaire des dirigeants de l'Union européenne prévu jeudi à Bruxelles.

Ce plan prévoit notamment le renforcement des opérations déjà en cours en Méditerranée (Triton et Poséidon), en accroissant leurs moyens financiers - M. Reynders a mentionné un doublement des crédits - et matériels.

Le commissaire européen aux affaires intérieures et aux migrations, Dimitris Avramopoulos, a ainsi annoncé "un effort systématique pour capturer et détruire les vaisseaux utilisés par les trafiquants" d'êtres humains. "Si nécessaire à la source", a précisé M. Reynders, soulignant que l'UE devrait dans ce cas disposer d'un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU pour intervenir dans des eaux territoriales, par exemple libyennes.

Evoquant des contacts avec son collègue de la Défense, Steven Vandeput, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que le gouvernement était prêt à examiner "ce que l'on peut faire" pour participer au renforcement des opérations de contrôle et de sauvetage en cours. Celles-ci, baptisées Triton et Poséidon, sont mises en oeuvre par Frontex, l'agence européenne de contrôle des frontières. Leur champ d'action, actuellement limité aux eaux territoriales des pays de l'UE, doit être élargi, éventuellement aux eaux territoriales des pays de transit, comme la Libye.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, lui aussi présent lundi à Luxembourg, a pour sa part préconisé de s'attaquer aux causes de l'immigration suite au naufrage de centaines de migrants en Méditerranée, tout en reconnaissant que ce n'était pas chose facile. "Le plus important est de veiller à ce que ces personnes ne puissent plus monter à bord de ces bateaux de trafiquants d'êtres humains", a-t-il confié.

Parmi les autres mesures proposées par la Commission figure un examen des options pour une répartition plus équitable des réfugiés entre les 28 Etats membres de l'UE et un programme pour les renvois rapides des candidats à l'immigration non autorisés à rester dans l'UE.

Il sera coordonné par Frontex, avec les Etats membres en première ligne pour les arrivées en Méditerranée. Mais M. Avramopoulos a aussi proposé un programme de réinstallation dans les pays de l'UE de personnes ayant obtenu le statut de réfugié auprès du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Les Etats membres sont invités à participer à ce programme sur une base volontaire. Aucun chiffre n'est cité dans la proposition. Mais selon la Commission, il devrait bénéficier à 5.000 personnes initialement.

La Commission préconise également une coopération renforcée avec les pays voisins de la Libye pour bloquer les routes utilisées par les migrants. Le Niger est un des pays de passage et la présence européenne devra y être renforcée.

Le plan prévoit encore l'envoi d'officiers de liaisons pour l'immigration au sein des délégations de l'UE dans un certain nombre de pays tiers. Ils seront chargés de collecter des informations sur les flux migratoires.

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