"Il y a une crise de solidarité entre les Etats membres"

14/01/16 à 16:21 - Mise à jour à 16:22

Source: Belga

Présentant ses priorités pour l'année nouvelle, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a déploré jeudi le manque de solidarité des Etats membres de l'UE pour faire face à la crise des migrants. Il a exhorté les gouvernements européens à mettre en oeuvre la répartition des réfugiés à laquelle ils se sont engagés.

"Il y a une crise de solidarité entre les Etats membres"

© Reuters

Notant les "défis considérables" auxquels les Européens doivent faire face, M. Schulz a souligné que la crise des réfugiés était "aiguë". Elle aurait pu être "moindre si tous les Etats membres participaient au projet de relocalisation", a critiqué le social-démocrate allemand. Les leaders européens ont adopté un plan de répartition de 160.000 réfugiés arrivés en Italie et en Grèce parmi les autres Etats membres, mais il est à peine appliqué (seules 272 relocalisations et 4.237 mises à dispositions). Si le million de réfugiés arrivés en Allemagne avait été distribué sur toute la population européenne, "il n'y aurait pas eu de crise", a ajouté M Schulz.

Il en conclut qu'il y a "une crise de solidarité entre les Etats membres" qui a mené à celle du flux migratoire, "que l'on mesure au nombre de personnes qui gagnent notre continent dans une évolution désastreuse de notre voisinage immédiat". Il a encore martelé que les problèmes ne peuvent pas être résolus "en érigeant des clôtures". Il invite donc les Etats membres à "prendre acte des responsabilités qui sont les leurs" et à renforcer en outre les contrôles aux frontières. "L'efficacité et même la possibilité de l'espace Schengen en dépend, tout cela ne pourra pas fonctionner sans répartition".

Le même jour, le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, chargé des migrations, a tenu des propos similaires dans l'enceinte du Parlement européen. "La relocalisation ne fonctionne pas, vous l'avez dit et je le confirme", a dit M. Avramopoulos, demandant aux Etats membres de "coopérer davantage là-dessus." M. Schulz a encore précisé que les demandeurs d'asile issus de pays où il n'y a pas de persécution ou de guerre doivent "être invités à y retourner".

Dans un registre plus optimiste, le président du Parlement européen a fait part de son espoir de voir Chypre s'avancer vers une réunification dans le courant de l'année, les pourparlers étant plutôt dans une "phase prometteuse" selon lui. "Ce conflit est un conflit sous estimé, un peu oublié", a regretté M. Schulz qui est convaincu que "si on arrive à réunir les deux communautés", chypriote-grecque et chypriote-turque, "cela pourrait encourager à surmonter les clivages, et trouver des solutions ailleurs", a-t-il déclaré en faisant référence aux autres conflits dans le voisinage immédiat de l'île. "Si cette année nous pouvions parvenir à une réunification, ce serait un symbole de portée mondiale."

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