Il y a dix ans, Saddam Hussein était exécuté

30/12/16 à 07:52 - Mise à jour à 07:52

Source: Afp

Il y a dix ans, le 30 décembre 2006, l'ex-président irakien Saddam Hussein mourait pendu, trois ans après sa capture rocambolesque, criant sa haine des Américains et des Iraniens sous les quolibets de gardes chiites.

Il y a dix ans, Saddam Hussein était exécuté

Saddam Hussein © EPA

Pendu au premier jour de l'Aïd al-Adha-

Une vidéo pirate diffusée sur internet montre ses derniers instants, dans une caserne des renseignements militaires à Bagdad. On le voit vêtu d'un manteau noir, refusant une cagoule.

Des insultes fusent, des cris comme "Vive l'imam Mohammed Baqr al-Sadr" et "Moqtada! Moqtada!", en référence à un opposant tué sous son régime et à son neveu devenu après 2003 le chef d'une puissante milice chiite. "Est-ce là un comportement d'homme?", réplique l'ex-président.

"Je n'ai vu aucun signe de peur", confiera sept ans plus tard à l'AFP l'ex-conseiller Mouaffak al-Rubaïe, emprisonné à trois reprises sous Saddam Hussein et qui a conservé la corde du supplice après avoir assisté à l'exécution. "Il disait "Mort à l'Amérique! Mort à Israël! Longue vie à la Palestine! Mort aux mages perses"".

Saddam Hussein commence à réciter la profession de foi musulmane mais la trappe s'ouvre sous ses pieds. A 06H10, celui qui avait dirigé l'Irak d'une main de fer pendant plus de trente ans, de 1979 jusqu'à la prise de Bagdad par l'armée américaine le 9 avril 2003, est prononcé mort, le cou brisé. C'est le premier jour de l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du Sacrifice.

Les chiites, qui ont souffert sous son régime, dansent de joie dans les rues. Cette brutale exécution, à laquelle l'armée américaine assure n'avoir pris aucune part, choque les sunnites et suscite la réprobation internationale, sauf en Israël et en Iran.

Le tyran, dont le procès devait symboliser le nouvel Irak, avait été condamné à mort le 5 novembre par un Tribunal spécial irakien. Il n'avait eu de cesse d'en contester la légitimité durant tout son procès, d'octobre 2005 à juillet 2006.

'Nous l'avons eu'

Le lendemain de son exécution, Saddam Hussein est enterré dans son village natal d'Aouja, près de Tikrit (160 km au nord de Bagdad), auprès de ses deux fils tués en juillet 2003 à Mossoul par l'armée américaine.

C'est aussi près de Tikrit, dans la localité d'Al-Daour, que les forces américaines l'avait arrêté "dans un trou à rat" le 13 décembre 2003, par une nuit sans lune, après plus de huit mois de traque. Deux kalachnikovs et 750.000 dollars en liquide étaient découverts à proximité.

Il se terrait sous terre, dans une cache -munie d'un ventilateur- aménagée au pied d'un palmier-dattier, près d'une maisonnette en torchis et en pierre.

Devant la ferme, une affiche indique en anglais "Dieu bénisse notre foyer", avec des images pieuses chrétiennes représentant la Cène et la Vierge.

Aux soldats qui le capturent, il déclare en anglais "je suis Saddam Hussein, je suis le président d'Irak et je veux négocier", affirme aux journalistes un commandant américain. Des chefs tribaux de Tikrit expliqueront ensuite à l'AFP que l'ex-président a bénéficié durant sa cavale de l'aide de membres de sa famille.

Washington, qui offrait 25 millions de dollars de récompense pour sa capture, l'a finalement trouvé grâce à l'arrestation d'un proche. Six cents soldats ont participé à l'opération, nommée Aube rouge, d'après un film anticommuniste américain de 1984.

"We got him" ("Nous l'avons eu"), annonce le lendemain à Bagdad, tout sourire, le chef de l'administration civile américaine Paul Bremer.

Sur une vidéo diffusée par les Américains, l'homme qui faisait trembler l'Irak ressemble à un clochard, hirsute et le visage mangé d'une épaisse barbe poivre et sel, le regard perdu. Il se laisse examiner sans résistance par un médecin. Une photo le montre ensuite rasé mais conservant sa fameuse moustache.

Réfugiées en Jordanie, deux de ses trois filles, Raghad et Rana, suivent en larmes à la télévision l'annonce de la capture de leur père. A Bagdad, les Irakiens présents à la conférence de presse de Paul Bremer poussent des cris de joie.

AFP

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