Il y a 25 ans, des bougies faisaient vaciller le Mur de Berlin

09/10/14 à 21:20 - Mise à jour à 21:20

Source: Belga

Des dizaines de milliers de personnes ont célébré jeudi soir à Leipzig, bougie en main, le 25e anniversaire d'une manifestation dans l'ex-RDA communiste qui a fait vaciller le Mur de Berlin, un mois jour pour jour avant son ouverture.

Il y a 25 ans, des bougies faisaient vaciller le Mur de Berlin

© REUTERS

A l'issue d'une journée de commémoration souvent émouvante, la foule s'est retrouvée à la nuit tombée sur la place Auguste, qui il y a 25 ans s'appelait Karl-Marx, où les présidents polonais, hongrois, tchèque et slovaque ont tour à tour salué cet épisode décisif de la fin du bloc communiste.

Puis les manifestants ont refait les 3,6 km sur le périphérique de Leipzig, comme l'avaient fait le 9 octobre 1989 quelque 70.000 personnes contre lesquelles, à la surprise générale, Stasi (police politique) et armées est-allemande ou soviétique n'ont pas essayé de lutter. Ces célébrations se sont déroulées alors que les tensions entre l'Occident et la Russie, sur fond de crise ukrainienne, ont réveillé les pires souvenirs de la Guerre froide, comme l'ont évoqué plusieurs intervenants.

Le succès de cette manifestation il y a 25 ans avait donné des ailes aux Allemands de l'est, qui sont descendus de plus en plus nombreux dans la rue jusqu'à l'annonce, le 9 novembre au soir, qu'ils étaient autorisés à voyager comme ils le voulaient.

"Sans le 9 octobre il n'y aurait pas eu le 9 novembre. La liberté a précédé l'unité", a lancé le président de la République allemande Joachim Gauck, qui était alors pasteur militant des droits de l'homme à Rostock, lors d'une cérémonie officielle dans la Gewandhaus, la salle de concert de Leipzig. M. Gauck a choisi de commémorer cette soirée "magique", selon lui, alors que l'Allemagne officielle fait cette année plutôt profil bas pour le 25e anniversaire du 9 novembre.

Les anciens secrétaires d'Etat américains James Baker et Henry Kissinger avaient également fait le voyage. Le premier était en fonction lors de la chute du Mur, le second est né allemand.

M. Gauck a lancé un vibrant appel à la participation citoyenne. "C'est à nous tous de décider si nous allons défendre la démocratie", a-t-il déclaré. "Et si nous regardons au-delà des frontières de l'Europe, nous voyons que les jeunes manifestants à Hong Kong l'ont très bien compris".

Lors d'une rencontre avec la presse, M. Baker a qualifié la manifestation de Leipzig de "début d'une marche vers la liberté qui ne s'est arrêtée que lorsque le peuple de RDA et d'autres nations emprisonnées en Europe centrale et de l'est ont été libres".

Mais il a souligné que plusieurs anciens Etats soviétiques vivaient aujourd'hui dans "la peur et l'angoisse" en raison des opérations militaires russes en Ukraine. "Je ne crois pas que nous revenions complètement à une situation de Guerre froide", a-t-il cependant commenté, en opposant les tensions actuelles à la bonne coopération qui selon lui existait entre Russie et Occident pendant 15 ans après 1991.

En fin d'après-midi, un service était organisé en l'église Saint-Nicolas, le temple protestant où le pasteur Christian Führer, mort en juin, avait organisé dès 1982 des prières pour la paix.

Au début, seule une poignée de fidèles y participaient, mais à l'automne 1989, comme ce jeudi, la foule débordait dans les rues avoisinantes. La détermination des manifestants qui clamaient "Keine Gewalt" et "Wir sind das Volk" ("Pas de violence", "Nous sommes le peuple") avait paralysé la redoutable Stasi. "Ils étaient prêts à tout. Sauf à des bougies et des prières", racontait Christian Führer. Quant aux manifestants, "malgré la peur, ils avaient de l'espoir au coeur, grâce à la prière".

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