Hongrie : Viktor Orban assure sa réélection

07/04/14 à 11:09 - Mise à jour à 11:09

Source: Le Vif

Viktor Orban et son parti Fidesz, déjà au pouvoir en Hongrie, obtiennent 44 % des votes. Les socialistes et libéraux, réunis au sein d'un même parti, récoltent 25 % des voix. L'extrême droite progresse à 20 %.

Hongrie : Viktor Orban assure sa réélection

© Reuters

"Nous pouvons dire en toute sécurité que nous avons gagné", voilà les paroles lancées par Viktor Orban à ses partisans hier soir, avant de connaître les résultats définitifs. Ce matin, la victoire de son parti Fidesz est confirmée. Le parti de droite populiste a obtenu 44 % des voix, soit 133 sièges sur 199 au Parlement. Le parti reste au pouvoir et maintient surtout sa majorité des deux tiers acquise en 2010. Celle-là même qui lui a permis, après la réforme de la Constitution, de faire passer 850 lois sans aucun débat au Parlement.

Une victoire en demi-teinte La victoire n'est pourtant pas totale. En 2010, le Fidesz avait obtenu 52,7 % des votes. Le parti enregistre donc une baisse de 8 points. S'il a réussi à garder sa majorité des deux tiers au Parlement, c'est grâce à la domination qu'il a imposée depuis quatre ans. Le premier ministre Viktor Orban, un ancien dissident anticommuniste, a muselé toutes les institutions et les contre-pouvoirs : les médias, la justice, l'économie et même la culture.

Pour garantir son succès, le Fidesz a complètement réformé le système électoral. Le parti a redessiné les circonscriptions à son avantage dans tout le pays. Une partie des votes du gagnant ont donc été comptabilisés deux fois. Une sorte de bonus au vainqueur. "C'est comme si le Fidesz devait faire un 100 m et l'opposition un 400 m haies", avait déploré un leader de l'opposition avant l'annonce des premiers résultats.

La gauche loin derrière

Pour faire face au Fidesz, les socialistes et les libéraux s'étaient alliés au sein d'un même parti. Mal organisés et peu médiatisés durant la campagne, ils n'ont pas réussi à mobiliser leurs troupes. Le parti n'a obtenu que 25,7 % des votes et 38 sièges. "Ne nous faisons pas d'illusion : la défaite est cuisante, et c'est une grande déception pour ceux qui voulaient changer de gouvernement", a reconnu l'un des leaders de l'alliance, l'ancien premier ministre technocrate Gordon Bajnai.

L'extrême droite progresse De son côté, l'extrême droite a attiré les déçus du Fidesz et de la gauche pour gagner du terrain. Le parti Jobbik, antisémite et anti-Roms, avait obtenu 17 % des voix en 2010, ils obtiennent cette fois 20,6 % des suffrages.

Malgré sa progression et ses 23 sièges, le parti extrémiste n'a pas réussi son pari de devenir la deuxième force politique d'Hongrie. Son chef de file, Gabor Vona, se réjouit malgré tout d'avoir envoyé un message fort à l'approche des élections européennes. "Nous n'avons pas réussi la percée que nous espérions pour les sièges au scrutin (...) mais nous avons obtenu plus de 20% des voix, ce que peu de monde aurait prédit", a-t-il déclaré.

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