Hong Kong: nuit d'affrontements entre police et partisans de la démocratie

29/09/14 à 08:15 - Mise à jour à 08:46

Source: Belga

Dans un geste apparent d'apaisement, le gouvernement de Hong Kong a annoncé lundi le retrait de la police antiémeute après une nuit d'affrontements avec des milliers de militants prodémocratie qui paralysaient toujours de nombreux quartiers de la ville.

Hong Kong: nuit d'affrontements entre police et partisans de la démocratie

Manifestants pro-démocratie munis de parapluies face aux forces de l'ordres, Hong Kong, le 28 septembre 2014 © Reuters

"Les citoyens rassemblés dans la rue s'étant calmés, la police antiémeute a été rappelée", a annoncé le gouvernement dans un communiqué sur son site internet. En échange les manifestants sont invités à "libérer les routes occupées dès que possible pour laisser le passage aux véhicules d'urgence et rétablir les transports publics".

Plus de 200 lignes d'autobus ont été suspendues ou déviées, la circulation des tramways était perturbé et des stations de métro étaient fermées. De nombreuses écoles ont gardé portes closes, de mêmes que bon nombre d'entreprises, perturbant l'activité économique. La campagne de désobéissance civile qui couve depuis des semaines dans l'ancienne colonie britannique s'est brutalement accélérée au cours du week-end et Hong Kong a connu les pires troubles civils depuis son passage sous tutelle chinoise en 1997.

Dans des scènes de rue chaotiques, auxquelles Hong Kong n'est guère habituée, les policiers avaient tiré dimanche jusque tard dans la nuit des salves répétées de gaz lacrymogène pour tenter de disperser les protestataires. Ces derniers s'étaient rassemblés par dizaines de milliers dans des quartiers du centre mais avaient également débordé jusque dans Kowloon, en face de l'île de Hong Kong, sur le continent.

Au lever du jour, ils étaient toujours des milliers à rester mobilisés, selon les estimations de journalistes de l'AFP. Les militants prodémocratie ont pris le contrôle d'au moins trois carrefours routiers majeurs, mais la présence policière s'était faite plus discrète après les affrontements de la nuit.

Pékin a annoncé en août que le futur chef de l'exécutif local serait bien élu au suffrage universel dès 2017 mais que seuls deux ou trois candidats sélectionnés par un comité seraient habilités à se présenter au scrutin. "Nous exigeons que le gouvernement du chef de l'exécutif, Leung Chun-ying, présente au gouvernement central (de Pékin) un nouveau rapport sur les réformes politiques qui reflète pleinement les aspirations à la démocratie du peuple de Hong Kong", demande le mouvement Occupy Central.

Mais Leung Chun-ying a demandé aux protestataires de rentrer chez eux afin de "ne pas perturber la vie quotidienne des Hongkongais". Il a également balayé les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le pouvoir local avait l'intention de faire appel à l'armée chinoise, qui est présente à Hong Kong. "Il n'y a absolument aucune preuve de cela", a-t-il dit.

Selon la radio RTHK, 41 personnes blessées durant les affrontements ont été hospitalisées. Au total, 78 personnes ont été arrêtées pour des motifs divers: troubles à l'ordre public, entrée illégale dans des bâtiments gouvernementaux et violences contre dépositaires de la force publique.

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