Hollande s'engage à fermer le camp de migrants de Calais "d'ici la fin de l'année"

26/09/16 à 15:13 - Mise à jour à 15:12

Source: Afp

Le président français a confirmé lundi la fermeture "d'ici la fin de l'année" du camp de migrants de Calais et demandé aux Britanniques de prendre leur part dans ce dossier, devenu un enjeu majeur à sept mois de la présidentielle en France.

Hollande s'engage à fermer le camp de migrants de Calais "d'ici la fin de l'année"

© Reuters

Pour la première fois depuis son élection en 2012, François Hollande s'est rendu dans cette ville portuaire du nord de la France, tout en restant à distance de la "Jungle", un immense bidonville où entre 7.000 et 10.000 migrants se sont installés dans l'espoir de rallier le Royaume-Uni.

Face aux tensions croissantes dans et autour du bidonville, qui a doublé de taille depuis le printemps, le gouvernement avait annoncé son intention de le démanteler avant l'hiver. "Le gouvernement ira jusqu'au bout" et "tout sera fait d'ici la fin de l'année", a confirmé lundi François Hollande.

François Hollande a par ailleurs demandé aux autorités britanniques de "prendre leur part dans l'effort humanitaire" réalisé à Calais. Pour lui, les engagements pris "notamment sur la question des mineurs" doivent être "réhaussés".

Londres a déjà permis à 70 mineurs de rejoindre leur famille au Royaume-Uni en vertu du "rapprochement familial", mais il reste, selon les associations, environ 900 jeunes de moins de 18 ans dans le bidonville.

"Ce n'est pas parce que le Royaume-Uni a pris une décision souveraine qu'(il) est dégagé de ses obligations par rapport à la France", a insisté le président français, faisant allusion au vote fin juin des Britanniques en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

En vertu d'accords signés en 2003 entre Paris et Londres, la frontière britannique est située en France. Londres contribue toutefois à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros, au contrôle de cette frontière. Les Britanniques financent notamment un mur "anti-intrusion" en construction sur la rocade qui mène au porte de Calais au grand dam des associations de défense des étrangers.

'Mini-Calais'

Lancée à plein régime dans la campagne présidentielle, une partie de la droite française s'est emparée du thème de l'immigration dans l'espoir de reprendre des voix à l'extrême droite qui, selon tous les sondages, sera au second tour du scrutin en 2017.

L'ancien président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, s'est lui-même rendu à Calais la semaine dernière, d'où il avait prôné le rétablissement des contrôles aux frontières pour éviter que la France ne soit "submergée" par les migrants.

Lui et ses proches multiplient les attaques contre la politique du gouvernement socialiste et critiquent notamment l'ouverture prévue de centres de migrants sur l'ensemble du territoire pour accueillir les milliers d'exilés de Calais.

Longtemps très discret sur le thème de l'immigration, le président français s'est ostensiblement saisi du dossier ces derniers jours avec une visite samedi dans un de ces centres d'accueil. La France ne sera "pas un pays de campements", avait-il alors promis alors que les plus droitiers agitent la menace de "mini-Calais" dans tout le pays.

Il a mis en garde ses adversaires lundi, contre des "instrumentalisations ou des polémiques qui tournent le dos aux principes des valeurs de la République".

La France est surtout un pays de transit pour les migrants et n'a enregistré que 80.000 nouvelles demandes d'asile en 2015 contre près d'un million en Allemagne.

Dans certaines villes, l'ouverture prochaine de centres d'accueil créé toutefois des remous. Samedi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans une banlieue huppée du sud-ouest de Paris contre l'installation de centres d'accueil.

Quant aux associations de défenseurs des migrants, elles restent prudentes sur le plan du gouvernement. "Le président est sur une politique ambitieuse, qui consiste à envoyer des gens" dans des centres d'accueil, a ainsi estimé Franck Esnée de Médecins sans frontières (MSF). "Mais quid de ceux qui refuseront d'y aller? Si 2.000 personnes fuient le démantèlement, que se passe-t-il? On n'a pas envie de voir ressurgir des mini-campements dans le Calaisis".

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