Hillary Clinton revendique l'investiture démocrate, une victoire "historique" selon elle

08/06/16 à 06:53 - Mise à jour à 08:23

Source: Afp

Hillary Clinton a revendiqué mardi l'investiture démocrate pour la Maison Blanche, une victoire "historique" pour une femme et un tournant pour les Etats-Unis.

Hillary Clinton revendique l'investiture démocrate, une victoire "historique" selon elle

Hillary Clinton © Reuters

"Grâce à vous, nous avons franchi une étape importante. C'est la première fois dans l'histoire de notre pays qu'une femme est investie par l'un des grands partis", a-t-elle déclaré devant ses partisans fous de joie à Brooklyn, à New York. "La victoire de ce soir n'est pas celle d'une personne, elle appartient à une génération de femmes et d'hommes qui se sont battus et se sont sacrifiés et ont rendu possible ce moment", a-t-elle déclaré.

Peu avant, un court film a retracé la lutte pour la conquête du droit de vote des femmes, et les diverses conquêtes des femmes en politique.

L'ancienne Première dame, sénatrice et chef de la diplomatie américaine a tendu la main à son rival des primaires, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, alors que la question du rassemblement de la gauche se pose. "Je veux féliciter le sénateur Sanders pour son extraordinaire campagne", a-t-elle déclaré. "Il a enthousiasmé des millions d'électeurs, surtout des jeunes, mais que les choses soient claires: le sénateur Sanders, sa campagne et le débat vigoureux que nous avons eu sur le salaire minimum, la réduction des inégalités, l'ascenseur social, est une bonne chose pour le parti démocrate et l'Amérique".

Et la candidate s'est lancée dans une critique acerbe de son adversaire républicain à la présidentielle de novembre: Donald Trump.

Trump répond

"Quand Donald Trump dit qu'un juge distingué, né dans l'Indiana, ne peut pas faire son travail à cause de ses origines mexicaines, ou qu'il se moque d'un reporter handicapé, ou traite les femmes de truies, cela va à l'encontre de tout ce en quoi nous croyons", a lancé Hillary Clinton, déclenchant des huées. "Nous pensons que la coopération vaut mieux que le conflit, l'unité mieux que la division, l'émancipation mieux que la haine... et les ponts valent mieux que les murs", a-t-elle lâché, dans une allusion directe au mur que veut ériger Donald Trump à la frontière avec le Mexique.

Durant la soirée, les résultats du dernier "super mardi" des primaires ont commencé à tomber dans six Etats. Hillary Clinton a remporté le scrutin du New Jersey, mais le suspense le plus important concerne la Californie, où le sénateur du Vermont veut arracher une victoire symbolique.

Donald Trump avait attaqué préventivement la démocrate lors d'un discours d'une grosse dizaine de minutes depuis l'un de ses golfs, à Briarcliff Manor, près de New York, annonçant la campagne de destruction personnelle qu'il entend lancer contre la démocrate. Il a donné rendez-vous lundi prochain pour un discours anti-Clinton. "Les Clinton sont devenus maîtres dans l'art de l'enrichissement personnel", a-t-il affirmé, évoquant les financements de la Fondation Clinton.

De façon inhabituelle, l'homme d'affaires a lu son discours depuis un prompteur, une pratique dont il s'est souvent moquée, mais qui semble indiquer une volonté de remettre de l'ordre dans sa campagne après plusieurs jours de polémiques à l'intérieur du camp républicain.

Ses propos dénonçant la partialité du juge fédéral d'origine hispanique lui ont valu des condamnations de responsables républicains. Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a déploré des propos "racistes".

La question Sanders

Bernie Sanders, a annoncé mardi à ses partisans qu'il n'abandonnait pas la course des primaires démocrates pour la Maison Blanche. "Nous allons nous battre durement pour remporter la primaire de Washington", mardi prochain, a-t-il déclaré lors d'une réunion publique à Santa Monica, en Californie. "Et nous poursuivrons notre combat pour la justice sociale, économique, raciale et environnementale jusqu'à Philadelphie!", a-t-il ajouté, en parlant de la convention d'investiture qui aura lieu à la fin du mois de juillet en Pennsylvanie.

Hillary Clinton avait déjà atteint lundi la majorité requise de délégués lui garantissant l'investiture, selon les estimations de plusieurs médias américains. Mais, désireuse de ne pas démotiver ses électeurs, elle n'avait pas crié victoire. Reste à savoir comment les électeurs de Californie ont voté mardi. Bernie Sanders espère y terminer premier pour justifier son maintien en course. Il s'exprimera à 05H00 GMT à Santa Monica. "Il veut aller jusqu'à la convention", a expliqué son directeur de campagne, Jeff Weaver.

Le sénateur martèle que les voix des centaines de superdélégués (élus du parti) ayant rejoint le camp Clinton ne seront pas officielles avant le vote de la convention d'investiture de Philadelphie, la dernière semaine de juillet.

Bernie Sanders le 1er avril dans le Bronx

Bernie Sanders le 1er avril dans le Bronx © Reuters

Les félicitations d'Obama

"Le président Obama a félicité les deux candidats pour avoir mené des campagnes pleines d'inspiration, qui ont enthousiasmé les démocrates, fait s'impliquer une nouvelle génération d'Américains dans le processus politique, et permis de présenter d'importantes propositions pour que notre économie et notre politique servent tout le monde, pas seulement ceux qui disposent de richesses et de pouvoir", a déclaré dans un communiqué le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest, en évoquant les thèmes qui ont animé la campagne du sénateur du Vermont depuis l'été dernier.

"Le président a félicité Mme Clinton pour avoir récolté le nombre de délégués nécessaires pour sceller l'investiture démocrate pour la présidentielle", a ajouté le porte-parole, confirmant la victoire de la démocrate. "En outre, à la demande du sénateur Sanders, le président et le sénateur Sanders se rencontreront à la Maison Blanche jeudi pour poursuivre leur conversation sur les enjeux importants de cette élection", a indiqué Josh Earnest.

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