Heinz Chrisitian Strache veut avec l'extrême droite bousculer la scène politique autrichienne

29/09/13 à 19:26 - Mise à jour à 19:26

Source: Le Vif

nz Christian Strache, dirigeant du principal parti d'extrême droite en Autriche et qui se considère comme "le véritable vainqueur" des législatives de dimanche avec un bond de quatre points, refuse d'être assimilé à Jörg Haider, son prédécesseur, et s'affirme plus que jamais décidé à bousculer la scène politique autrichienne.

Heinz Chrisitian Strache veut avec l'extrême droite bousculer la scène politique autrichienne

© Reuters

Hei Passant de 17,5% des suffrages en 2008 à entre 21,4 et 21,9%, il ironise sur "la coalition des perdants" - le gouvernement de grande coalition social-démocrate/démocrate-chrétien - qui veut "se cramponner au pouvoir", alors que les deux partis dominants de la vie politique autrichienne depuis 1945 et l'effondrement de la dictature nazie viennent d'enregistrer l'un et l'autre le plus mauvais score de leur histoire. "Je suis différent, j'ai mon propre caractère et ma propre personnalité", avait dit Heinz Christian Strache à l'AFP, en marge d'un meeting de campagne de son parti FPÖ à Klagenfurt, dans le sud de l'Autriche, non loin de l'endroit où Jörg Haider trouva la mort il y a cinq ans dans un accident de voiture.

Si l'ancien prothésiste dentaire de 44 ans donne une image plus lisse que son ancien rival, il partage la même détermination à vouloir briser la domination des grands partis du centre, avec force diatribes contre les immigrés ou les demandeurs d'asile.

Jörg Haider, juriste de formation, avait obtenu un cinquième des suffrages en 1999 avant de négocier l'entrée de son parti en février 2000 dans un gouvernement avec l'ÖVP, la grande formation de centre-droit, sous la direction du chancelier Wolfgang Schüssel. L'alliance avait entraîné des protestations parfois violentes en Autriche et en dehors de ce pays, qui s'est retrouvé au ban de l'Union européenne (UE) pendant six mois.

A l'instar d'autres mouvements populistes en Europe, comme le Front national en France et la Ligue du Nord en Italie, le FPÖ de Heinz Christian Strache dénonce un pouvoir jugé démesuré de Bruxelles et une élite politique qui a perdu le contact avec la population. "L'Europe va dans la mauvaise direction", estime-t-il. "Tout est centralisé et les gens ne veulent pas de ça", "ils veulent leur patrie, leur culture, leur identité".

Pendant sa campagne, il a prêché "l'amour du prochain", mais à condition que ce prochain soit autrichien , faisant grincer des dents dans ce pays très catholique. "Je n'ai rien contre ceux qui sont prêts à s'intégrer, à travailler dur et à payer leur impôts", prend-il toutefois soin d'affirmer. Avec son sourire impeccable et ses yeux bleus, "HC", comme il aime se faire appeler, séduit les jeunes. Dans une étude, le centre de réflexion britannique Demos avait souligné l'habileté du FPÖ à utiliser Facebook pour "amplifier son message, recruter et s'organiser".

"Ce parti n'est pas contre les étrangers. Il veut juste que les étrangers s'adaptent et s'intègrent", déclare, sous couvert de l'anonymat, un jeune partisan du FPÖ distribuant prospectus et briquets à Vienne. Malgré ses succès, "HC" pâtit toujours de la comparaison avec Jörg Haider et tous les grands partis excluent une coalition gouvernementale avec le FPÖ.

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