Grèce: reprises de négociations "très très difficiles" avec certains pays qui "ne veulent pas d'un accord"

12/07/15 à 08:56 - Mise à jour à 10:48

Source: Belga

Les négociations ont repris entre les ministres de l'Eurogroupe, deux lignes se dessinant entre les partisans de la conciliation et une ligne plus dure. Des sources au sein du gouvernement grec estiment ainsi "évident que certains pays" européens ne veulent pas qu'un accord soit trouvé pour sauver Athènes de la banqueroute, rapporte dimanche l'agence de presse grecque ANA.

Grèce: reprises de négociations "très très difficiles" avec certains pays qui "ne veulent pas d'un accord"

© EPA

"Je suis toujours optimiste mais ce sont des négociations très très difficiles parce qu'il y a beaucoup de points sur lesquels nous n'avons pas d'accord", a commenté à son arrivée le ministre autrichien des Finances Hans Joerg Schelling. Son homologue chypriote Harris Georgiades a indiqué que pour lui, "un Grexit était définitivement exclu", tandis qu'Alexander Stubb déclarait qu'"on fait des progrès, mais nous n'y sommes pas encore".

Le vice-président de la Commission européenne chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis, a pour sa part indiqué qu'il était "peu probable que la Commission reçoive dimanche un mandat pour commencer des négociations formelles en vue de conclure un troisième accord d'aide à la Grèce", mais que "l'Eurogroupe peut préparer et donner l'impulsion pour la discussion des dirigeants européens" dimanche après-midi.

Les ministres de l'Eurogroupe sont divisés ainsi entre l'attitude plus conciliante prônée par la France, Chypre et quelques autres, qui voient d'un mauvais oeil un Grexit aux conséquences inconnues pour le reste de la zone euro et la ligne dure prônée par le ministre allemand Wolfgang Schäuble, qui juge les dernières propositions grecques insuffisantes et penche pour une sortie du pays de la zone euro (le Grexit) le temps pour Athènes de redresser sa situation économique. La Belgique se situe plutôt dans la ligne de l'Allemagne, ayant régulièrement estimé ces derniers temps que la confiance envers le gouvernement d'Alexis Tsipras était "abîmée".

Des partisans du Grexit

Plus tôt, des sources au sein du gouvernement grec estimaient "évident que certains pays" européens ne veulent pas qu'un accord soit trouvé pour sauver Athènes de la banqueroute, rapporte dimanche l'agence de presse grecque ANA.

"Il est évident que certains pays, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les réformes et le programme, ne veulent pas d'un accord", déclarent ces sources citées par ANA.

Elles affirment que les ministres des Finances de la zone euro s'étaient mis d'accord sur "un calendrier pertinent" et qu'un "accord de principe" avait été trouvé, mais qu'un "groupe de pays ont soulevé la question de la "confiance", sans toutefois préciser ce qui devrait être fait".

Dans un climat de défiance envers Athènes, et avec certains pays évoquant ouvertement un Grexit, les ministres ont échoué samedi à Bruxelles à accoucher d'un texte qui servirait de base au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens dimanche, régulièrement présenté comme la dernière limite pour sauver la Grèce de l'effondrement financier. Les travaux doivent reprendre dimanche à 09h00 GMT. "Il y a plusieurs pays qui bloquent" et ne veulent pas d'un troisième plan d'aide, a résumé une source européenne, alors qu'Allemagne et Finlande, deux faucons vis-à-vis d'Athènes, semblent près de dire ouvertement qu'ils ne veulent plus de la Grèce dans la zone euro.

La Grèce s'impose un contrôle des capitaux même en cas d'accord

"S'il y a un accord, les banques rouvriront très vite, dans la semaine, dès que la Banque centrale européenne fournira de l'ELA" (liquidités d'urgence), a déclaré le ministre à la BBC. Mais "le contrôle des capitaux mettra quelques mois à être complètement levé", a-t-il dit.

L'ELA est cette aide d'urgence à laquelle sont suspendues les banques grecques depuis cinq mois, dont la BCE n'augmente plus le plafond depuis deux semaines en attendant l'issue des tractations entre le pays et ses créanciers, la BCE, le FMI et l'Union européenne. La situation a obligé à la mise en place d'un strict contrôle des capitaux dans le pays, tandis que les banques restent fermées, sauf pour les retraités sans carte de crédit ou pour accueillir les dépôts. Les Grecs ne peuvent retirer que 60 euros par jour au distributeur.

Sur la chaîne de télévision grecque Mega ensuite, M. Stathakis a évoqué des restrictions "restant en place pour un moment", même en cas d'accord. Il a cependant assuré que les transactions entre entreprises seraient "restaurées immédiatement".

En revanche, il resterait interdit de "retirer tout son argent" de la banque ou "d'exporter des monnaies étrangères", sauf pour les exportateurs ou le secteur maritime, tandis "qu'une grande partie" des devises étrangères liées au tourisme serait "libérée".

Alors que l'Eurogroupe a patiné toute la journée à Bruxelles, au point de devoir se poursuivre à partir de dimanche midi, M. Stathakis s'est montré "absolument" confiant sur la BBC dans un accord avec les créanciers ce week-end.

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