Grèce: confiance, doute et pessimisme chez les ministres des Finances de la zone euro

11/07/15 à 16:27 - Mise à jour à 16:27

Source: Belga

La confiance sera l'élément clé pour déterminer si l'on arrivera à un accord entre la Grèce et ses partenaires européens ou si le pays doit se préparer à l'hypothèse d'une sortie de la zone euro (surnommée le Grexit).

Grèce: confiance, doute et pessimisme chez les ministres des Finances de la zone euro

Le ministre des néerlandais des Finances et président de l'Eurogroup Jeroen Dijsselbloem, le nouveau ministre grec des Finances Euclid Tsakalotos, et Michel Sapin, ministre français des Finances © Belga Image

C'est la tonalité des propos tenus à leur arrivée à l'Eurogroupe par les ministres des Finances de la zone euro. Certains, comme le Français Michel Sapin, le Luxembourgeois Pierre Gramegna ou l'Italien Pier Carlo Padoan, affichaient une prudence teintée d'optimisme. "Il y a deux éléments nouveaux positifs: le gouvernement grec a eu le courage d'aller au parlement pour obtenir un mandat, c'est un élément très important pour retrouver la confiance", a souligné M. Sapin. "Et puis il y a le jugement des trois institutions (UE, BCE, FMI), qui estime que les propositions grecques sont une bonne base pour engager des négociations. La confiance est un élément déterminant pour avoir un accord", a-t-il martelé.

La France a joué les "traits d'union" ces derniers jours, envoyant des experts pour aider les Grecs à rédiger les propositions de réformes. "J'ai le coeur plus léger qu'il y a trois jours", a souri le ministre luxembourgeois, qualifiant les propositions grecques de "complètes". "Il sera inévitable de parler de la dette", dont la Grèce demande une restructuration afin de la rendre plus soutenable (elle culmine actuellement à 177% du PIB). "Ce sera une discussion clé aujourd'hui, nous sommes prêts à parler d'une restructuration de la dette, mais ce sera autre chose de trouver un accord à ce sujet."

Le ministre italien a dit s'attendre à une "longue discussion" qui ne devrait pas déboucher sur un accord. Le sujet serait alors renvoyé aux chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, qui doivent se réunir en sommet dimanche après-midi.

De nombreux ministres des Finances affichent encore ouvertement leurs doutes quant à la volonté des Grecs de mettre en oeuvre les réformes promises. Le ministre autrichien, Hans Joerg Schelling, a réclamé des garanties à ce sujet. "Nous avons toujours des questions sur la capacité de mise en oeuvre du gouvernement grec", a pour sa part commenté le secrétaire d'Etat néerlandais aux Finances, Eric Wiebes. "Nous faisons clairement des progrès, les propositions grecques vont dans le sens de ce que proposaient les institutions avant le référendum", a constaté le vice-président de la Commission chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis. "J'espère que nous continuerons à reconstruire la confiance", a commenté le ministre irlandais Michael Noonan, concédant que "la position du gouvernement grec a été très difficile".

Le ministre finlandais Alexander Stubb, d'habitude peu avare en commentaires, s'est cette fois engouffré dans le bâtiment sans un mot pour les journalistes. Son homologue belge, Johan Van Overtveldt, a fait de même. Plusieurs ministres ont aussi pointé le fait que les propositions avancées aujourd'hui par le gouvernement grec ressemblent trait pour trait à celles que le peuple grec a rejetées lors d'un référendum dimanche dernier, suivant en cela le mot d'ordre du Premier ministre Alexis Tsipras. "Nous n'y sommes pas encore, que ce soit sur la substance ou sur la confiance", a indiqué le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. "Peut-on faire confiance au gouvernement de faire ce qu'il a promis? Ce sera une réunion difficile."

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, semblait lui aussi pessimiste à l'entame de la réunion. Il a dit s'attendre à "des négociations extraordinairement difficiles". Dans une tribune publiée samedi par le Guardian, l'ancien ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a accusé M. Schäuble de préparer depuis longtemps le scénario du Grexit afin de faire peur à la France et d'imposer sa vision d'une zone euro disciplinaire.

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