Grande-Bretagne: des demandeurs d'asile pris pour cibles à cause des portes rouges de leurs maisons

22/01/16 à 09:52 - Mise à jour à 10:05

Source: Afp

Le gouvernement britannique a lancé mercredi une enquête sur l'hébergement des demandeurs d'asile à Middlesbrough, dans le nord-est de l'Angleterre, qui affirment que les portes rouges de leurs maisons les désignent comme cibles aux agressions.

Grande-Bretagne: des demandeurs d'asile pris pour cibles à cause des portes rouges de leurs maisons

© REUTERS

"Je suis profondément préoccupé par ce problème et j'ai demandé à des responsables du ministère de l'Intérieur d'enquêter sur l'hébergement des demandeurs d'asile dans le nord-est", a déclaré le secrétaire d'État à l'Immigration, James Brokenshire. "Si nous trouvons une preuve de discrimination à l'égard des demandeurs d'asile, elle sera immédiatement corrigée et de tels comportements ne seront pas tolérés".

Victimes d'agressions

Ces déclarations interviennent à la suite d'une enquête du quotidien britannique The Times sur les propriétés détenues par Jomast, un sous-traitant de l'entreprise G4S, qui est chargée de loger les demandeurs d'asile dans la région.

Selon le Times, 155 des 168 habitations détenues par Jomast ont des portes rouges. Le quotidien a contacté les résidents de 66 d'entre elles et 62 étaient occupées par des demandeurs d'asile. Certains auraient été victimes d'agressions verbales tandis que leurs portes auraient été marquées de symboles racistes ou maculées d'excréments canins.

"Quand les gens voient (les portes rouges), tout le monde sait qu'il s'agit de demandeurs d'asile", a déclaré un homme dont la maison a été vandalisée.

Problème ancien

Selon G4S, il n'est "absolument pas" intentionnel de loger des demandeurs d'asile dans des maisons aux portes rouges. L'entreprise a demandé à Jomast d'en repeindre certaines.

Mais d'après une habitante de la ville, le problème est ancien. "En septembre 2012, nous avons demandé à G4S s'ils comptaient faire quelque chose à propos des portes rouges et ils ont répondu négativement", a déclaré Suzanne Fletcher à la radio BBC 4.

"La police a évidemment fait tout ce qu'elle pouvait mais comme les demandeurs d'asile sont vulnérables et ont peur de mettre en péril leur demande, (les agressions) n'ont pas toujours été signalées", a-t-elle expliqué. Contactée par l'AFP, la police s'est refusée à tout commentaire.

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