Gaza : Que prévoit l'accord sur cette trêve illimitée ?

27/08/14 à 07:34 - Mise à jour à 11:09

Source: Belga

Israël et les Palestiniens ont annoncé mardi un accord pour un cessez-le-feu permanent après 50 jours de guerre. Une nouvelle qui a suscité des scènes de liesse dans les rues de Gaza. Mais sur quoi exactement porte l'accord ?

Gaza : Que prévoit l'accord sur cette trêve illimitée ?

© Reuters

Israël et les Palestiniens ont annoncé mardi un accord pour un cessez-le-feu permanent au 50e jour d'une guerre qui a fait plus de 2.100 morts palestiniens, près de 70 côté israélien, et dévasté la bande de Gaza.

Sur quels points les Palestiniens et les Israéliens se sont mis d'accord ?

  • Une cessation illimitée des hostilités

Ce qui signifie une levée partielle du blocus en vigueur depuis 2006. En effet les points de passage entre Gaza, Israël et l'Égypte seront ouverts "pour des besoins humanitaires et des vivres, pour du matériel médical et tout ce qui va permettre de réparer les systèmes d'eau, d'électricité et de téléphonie mobile".

  • Une extension de la zone de pêche

La zone de pêche devrait s'étendre de 3 à 6 miles. Dans une seconde étape, l'extension s'étendra à 12 milles.

Des négociations plus poussées devraient commencer d'ici un mois au Caire pour évoquer l'éventualité d'une levée du blocus, la démilitarisation de Gaza et la réouverture de l'aéroport et du port qui n'ont pas encore été abordées dans ce cessez-le-feu. Les points de dissensions sont donc encore nombreux et l'accord reste fragile. Tout comme les précédentes trêves qui avaient tourné court.

Des scènes de joie

A l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, à 16H00 GMT, des tirs de joie ont résonné dans la ville de Gaza, alors que l'accord prévoit, selon le médiateur égyptien, un allègement du blocus imposé depuis 2006 par Israël et qui asphyxie 1,8 million de Gazaouis. Des responsables palestiniens avaient d'abord annoncé le cessez-le-feu, ensuite confirmé par le président Mahmoud Abbas, tandis que les Israéliens ont attendu jusqu'aux dernières minutes avant son entrée en vigueur pour dire qu'ils avaient accepté "la proposition égyptienne d'un cessez-le-feu sans condition et illimité dans le temps".

Le Hamas, qui a infligé à l'armée israélienne ses plus lourdes pertes depuis 2006 avec 64 soldats tués, a revendiqué la "victoire", assurant avoir défait "la légende de l'armée israélienne qui se dit invincible". Outre les 2.143 morts et les 11.000 blessés, c'est 1,8 million de personnes - soit tous les Gazaouis - qui ont été "affectées" par la guerre, selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Quelque 475.000 personnes ont été déplacées, tandis que près de 55.000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17.200 totalement ou quasi-totalement détruites, de même source. Les Etats-Unis ont rapidement dit "soutenir totalement" cet accord qui, selon un communiqué de la diplomatie égyptienne, permettra aussi "la poursuite des négociations indirectes (au Caire) entre les deux parties sur les autres sujets dans un délai d'un mois après le début du cessez-le-feu".

M. Abbas a prévenu que les Palestiniens ne s'engageraient pas dans de nouvelles "négociations brumeuses". "Gaza a subi trois guerres en 2008/2009, en 2012 (et en 2014), devons-nous nous attendre à une nouvelle guerre dans un an ou deux? Et jusqu'à quand la question palestinienne restera sans solution ? ", a-t-il lancé. La direction palestinienne se prépare à exiger que la communauté internationale fixe une date butoir pour la fin de l'occupation israélienne des Territoires palestiniens. Si leur exigence n'était pas entendue, alors, disent-ils, ils adhéreront à la Cour Pénale Internationale (CPI) ce qui leur permettrait de poursuivre des responsables israéliens sur le déroulement des opérations dans la bande de Gaza.

L'accord de cessez-le-feu conclu mardi met donc un terme à 50 jours de violence et plusieurs semaines de négociations, entrecoupées de trêves temporaires régulièrement rompues. Le dernier cessez-le-feu avait tourné court au bout de neuf jours: il y a une semaine, les violences avaient repris de plus belle, tuant 121 Palestiniens et deux Israéliens, portant à cinq le nombre de civils tués en territoire israélien depuis le début de la guerre le 8 juillet. Mardi, avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des roquettes palestiniennes se sont abattues sur l'Etat hébreu tandis que les drones israéliens ont mené des raids meurtriers, tuant dix Palestiniens. Deux autres ont été mortellement touchés par des tirs de chars israéliens postés en bordure de Gaza.

L'aviation visait depuis trois jours de nouvelles cibles dans l'étroite langue de terre surpeuplée bordant la Méditerranée, ses appareils écrasant sous les bombes les immeubles les plus hauts. Deux bâtiments de 14 et 16 étages --comptant des dizaines d'appartements résidentiels et autant de familles-- ont été réduits mardi à des tas de débris après avoir été touchés par plus d'une dizaine de missiles. Quarante Palestiniens ont été blessés dans l'effondrement des deux tours.

La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a affirmé avoir répondu à ces destructions par "un tir sur Haïfa (dans le nord d'Israël) et quatre tirs sur Tel-Aviv". Des tirs qui n'ont pas atteint ces villes, a assuré l'armée israélienne, qui a toutefois fait état de 98 roquettes tombées sur les villes bordant Gaza. Un civil israélien a par ailleurs été tué par la chute d'un obus de mortier dans le sud de l'Etat hébreu, près de l'enclave.

C'est la quatrième opération militaire menée par Israël à Gaza depuis 8 ans. Un territoire grand comme trois fois Paris où vivent 1,8 million de personnes.

En savoir plus sur:

Nos partenaires