Gaza : Abbas demande à l'ONU de placer la "Palestine sous protection internationale"

13/07/14 à 09:51 - Mise à jour à 09:51

Source: Le Vif

Le président palestinien Mahmoud Abbas a demandé à l'ONU de placer l'Etat de Palestine sous la "protection internationale" des Nations unies à la suite de la détérioration de la situation dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche l'OLP.

Gaza : Abbas demande à l'ONU de placer la "Palestine sous protection internationale"

© AFP

Le président Abbas a remis une lettre au coordinateur de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, adressée au secrétaire général Ban Ki-moon, afin de "placer officiellement l'Etat de Palestine sous le régime de protection internationale de l'ONU", a précisé l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). M. Abbas réclame aussi la création immédiate d'une commission d'enquête, selon un communiqué.

"La direction palestinienne est déterminée à prendre des mesures concrètes pour faire face à la situation horrible à Gaza", a souligné Hanane Achraoui, membre du comité exécutif de l'OLP, dans ce texte.

Le président Abbas a déjà demandé à la Suisse, dépositaire de la 4e Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre, de réunir les parties contractantes à cette convention de 1949 afin de leur demander de sanctionner Israël en tant que "puissance occupante" et donc responsable de la sécurité des civils.

Leur accession au rang d'Etat non membre à l'ONU a déjà permis aux Palestiniens de signer plusieurs conventions internationales, dont les Conventions de Genève. Ils se réservent le droit de poursuivre leur adhésion à d'autres conventions et traités internationaux.

Par ailleurs, les Palestiniens ont l'intention de saisir de ce dossier les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, qui doivent se rencontrer lundi au Caire.

Enfin, la direction palestinienne compte demander une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève.

"L'armée de l'air va lancer des attaques sans précédent"

L'armée israélienne a appelé ce dimanche les habitants de plusieurs localités du nord de la bande de Gaza à évacuer "immédiatement" leur maison en prévision de bombardements massifs dans ce secteur à partir de 12H00 locale (09H00 GMT).

L'aviation israélienne devait disperser des tracts au-dessus du nord de l'enclave palestinienne, non loin de la frontière avec Israël, demandant aux civils de quitter leur domicile d'ici midi pour se réfugier plus au sud, a expliqué l'armée dans un communiqué. "Ces tracts avertissent les résidents de Beit Lahiya de s'éloigner, pour leur sécurité, des activistes du Hamas et des sites où ils opèrent", souligne le communiqué. C'est la première fois que l'armée fixe un ultimatum à la population de Gaza depuis le début mardi des hostilités.

"L'armée israélienne a l'intention d'attaquer les infrastructures terroristes. L'opération sera limitée dans le temps. Ceux qui qui ne respecteront pas les instructions mettront en danger leur vie et celle de leur famille", a prévenu l'armée.

Selon la radio militaire, l'armée de l'air va "passer à une nouvelle étape en lançant des attaques sans précédent" qui vont viser des rampes de lancement de roquettes à plus longue portée ayant visé Israël ces derniers jours.

Bilan

Un adolescent palestinien de 14 ans a été tué dimanche à l'aube dans la bande de Gaza par une frappe israélienne, a indiqué le porte-parole des services de secours, Achraf al-Qoudra.

Le jeune garçon, Ibrahim al-Najar, est mort lors d'une frappe à son domicile à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, au sixième jour de bombardements israéliens visant à anéantir la force de frappe du mouvement Hamas. Selon la police de Gaza, 17 frappes ont visé l'enclave entre 04H00 et 05H00 locales (01H00 à 02H00 GMT).

Le bilan de samedi s'est pour sa part encore alourdi, atteignant 56 morts avec le décès d'un enfant de deux ans et d'une femme de 73 ans. Cette journée a été la plus sanglante depuis le début mardi de l'opération israélienne "Protective Edge" et qui vise à détruire la capacité du Hamas à frapper Israël de ses roquettes.

Au total, 162 personnes ont été tuées et 1085 blessées dans les bombardements.

Aucune victime israélienne n'est à déplorer depuis le début de cette campagne de bombardements qui pourrait être doublée d'une opération terrestre, hommes et blindés étant massés à la frontière avec l'enclave palestinienne.

Le Hamas continuait pour sa part de tirer régulièrement ses projectiles vers Israël.

Ce conflit est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" en novembre 2012, qui avait déjà pour objectif de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza. Les hostilités avaient tué 177 Palestiniens et six Israéliens en une semaine.

Échange de tirs

Un commando d'élite de la marine israélienne a effectué dans la nuit de samedi à dimanche, pour la première fois depuis le lancement de l'offensive israélienne, une opération terrestre dans le nord de la bande de Gaza, a indiqué la radio publique.

Cette brève incursion a visé un site de lancement de roquettes dans le nord de la bande de Gaza, a ajouté la radio. La branche armée du Hamas a confirmé qu'un commando israélien avait tenté d'accoster sur une plage et échangé des coups de feu avec des combattants palestiniens.

Un porte-parole militaire a ensuite indiqué que quatre soldats israéliens avaient été légèrement blessés lors de cette opération. "Pendant la mission un échange de tirs, provoqué par des terroristes opérant sur ce site, s'est produit durant lequel quatre soldats israéliens ont été légèrement blessés", selon le porte-parole, qui a refusé de donner plus de détails sur cette opération.

Pour sa part, la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam a affirmé dans un communiqué que "des échanges de feux nourris ont eu lieu entre nos combattants et des soldats de la marine sioniste qui tentaient de pénétrer dans la zone de Sudanyia, (au nord-ouest) de la bande de Gaza".

Il s'agit de la première incursion de l'armée israélienne depuis le lancement de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza durant la nuit de dimanche à lundi.

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