Gaza: 30 morts ce samedi dans des frappes israéliennes

12/07/14 à 09:58 - Mise à jour à 09:58

Source: Le Vif

Trente Palestiniens ont péri samedi dans des frappes aériennes israéliennes sur la bande de Gaza, portant à 135 le nombre de morts depuis le début des hostilités, mardi, selon les secours palestiniens.

Gaza: 30 morts ce samedi dans des frappes israéliennes

© AFP

La frappe la plus meurtrière a eu lieu dans le quartier Cheikh Radouane, dans l'ouest de la vaste agglomération de Gaza, où six Palestiniens ont trouvé la mort, a annoncé le porte-parole des services d'urgences, Achraf al-Qoudra. Les six hommes, âgés de 21 à 58 ans, étaient assis dans la rue devant leur maison lorsqu'ils ont été touchés par le tir.

Parmi les victimes des raids figurent deux neveux du dirigeant du Hamas dans l'enclave, Ismaïl Haniyeh, selon des voisins qui les ont identifiés comme étant Nidal et Alaa Malach.

Dans la ville de Gaza, à El-Bouerij (centre) et à Jabaliya (nord), huit autres personnes ont péri dans une série de frappes israéliennes survenues dans l'après-midi.

Deux femmes lourdement handicapées, Souha Abou Saada et Ola Washahi, ont également péri dans un raid contre leur foyer d'accueil à Beit Lahiya dans le nord de la bande de Gaza. Trois patients et un employé du centre ont été blessés.

Trois autres Palestiniens ont été tués dans un raid à l'ouest de la ville, de même que trois dans le quartier de Tufah, dans l'est de l'agglomération.

Achraf al-Qoudra avait annoncé plus tôt dans la journée la mort de huit autres personnes, dont cinq tuées lors d'un raid sur Jabaliya et deux plus au sud, à Deri el Balah. Un homme, blessé par une autre frappe, a succombé à ses blessures.

Toujours selon la même source, au moins 940 habitants de la bande de Gaza ont été blessés dans les bombardements israéliens lancés il y a cinq jours. Les frappes de samedi ont touché une banque, deux mosquées et les domiciles de dirigeants du Hamas, selon les autorités de Gaza. Ce conflit est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" en novembre 2012, qui avait déjà pour objectif de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza. Les hostilités avaient tué 177 Palestiniens et Six israéliens.

Cette opération baptisée "Protective Edge" vise à priver le Hamas de sa capacité à tirer des roquettes vers le territoire israélien. Ce conflit est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" en novembre 2012, qui avait déjà pour objectif de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza. Les hostilités avaient fait 177 morts palestiniens et six israéliens.

Londres, Washington, Paris et Berlin discuteront d'un cessez-le-feu dimanche

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a annoncé samedi qu'il allait évoquer un cessez-le-feu à Gaza avec ses homologues américain, français et allemand en marge de la réunion sur le nucléaire iranien dimanche à Vienne.

"Nous avons besoin d'une action internationale urgente et concertée afin de mettre en place un cessez-le-feu, comme en 2012. Je vais l'évoquer avec John Kerry, Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier demain à Vienne", a déclaré le chef de la diplomatie britannique dans un communiqué.

William Hague a ajouté avoir "insisté sur le besoin d'une désescalade immédiate et d'un rétablissement du cessez-le-feu instauré en novembre 2012" lors de ses conversations téléphoniques samedi avec son homologue israélien Avigdor Lieberman et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

"J'ai également exprimé notre profonde préoccupation sur le nombre de victimes civiles et l'impératif, pour les deux côtés, d'éviter de nouvelles pertes de vie innocentes", a ajouté le ministre qui avait déjà fait part dans la matinée de sa "préoccupation extrême" sur son compte twitter. C'était alors la première réaction officielle de Londres depuis le soutien ferme à Israël apporté par le Premier ministre, David Cameron, mercredi, au lendemain des premières frappes israéliennes sur Gaza visant à faire cesser les tirs de roquettes par les combattants palestiniens.

"Aucune pression ne nous empêchera de frapper les terroristes"

Peu avant le début du repos du shabbat, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proclamé qu'Israël résisterait à toute ingérence internationale en vue d'un cessez-le-feu. "Aucune pression internationale ne nous empêchera de frapper les terroristes qui nous attaquent", a assuré M. Netanyahu au cours d'une conférence de presse dans une salle sécurisée du ministère de la Défense à Tel-Aviv.

"J'ai eu une très bonne conversation avec le président (américain Barack) Obama et d'autres dirigeants, qui ont tous dit comprendre le besoin d'agir", a-t-il ajouté.

Médiation

Dans un entretien téléphonique avec M. Netanyahu, le président américain a pourtant proposé sa médiation pour tenter de rétablir le calme, exprimant "sa crainte d'une escalade". "Les Etats-Unis restent prêts à faciliter une cessation des hostilités, y compris le retour à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2012", a ajouté la Maison Blanche. Toutefois, Washington considère toujours le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, comme une "organisation terroriste".

Les Etats-Unis sont à cet égard prêts à utiliser leurs réseaux au Moyen-Orient pour "essayer de parvenir à la fin des tirs de roquettes à partir de Gaza et, comme nous l'avons vu ce matin, à partir du Liban", a expliqué vendredi le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.

Jeudi, pendant une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait aussi appelé à un cessez-le-feu.

Réunion d'urgence lundi de la Ligue arabe

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se rencontreront lundi au Caire pour discuter de la détérioration de la situation dans la bande de Gaza, a indiqué un diplomate samedi. Le Koweït, qui assure actuellement la présence tournante de la Ligue arabe, avait demandé cette réunion d'urgence.

L'Egypte, habituellement médiateur lors des conflits entre Israël et le mouvement islamiste, qui contrôle l'enclave palestinienne, est davantage en retrait dans cette crise. Le Caire a affirmé vendredi avoir déployé des efforts pour stopper la violence mais s'être heurtée à "l'entêtement" des protagonistes, appelant la communauté internationale à intervenir. Le nouveau gouvernement égyptien est opposé au Hamas, considéré comme la branche palestinienne des Frères musulmans, mouvement que l'armée égyptienne a évincé du pouvoir l'an passé et déclaré "organisation terroriste".

Israël a lancé dans la nuit de lundi à mardi une vaste offensive aérienne destinée à faire cesser les tirs de roquette depuis la bande de Gaza. Plus de 100 Palestiniens ont été tués, tandis que les tirs de roquettes se sont multipliés sur le sud mais aussi le centre d'Israël.

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