Gabon : Les dés pipés du Président Ali Bongo

29/08/16 à 12:00 - Mise à jour à 12:41

Source: Le Vif/l'express

Comme le Congolais Kabila, Ali Bongo Ondimba s'accroche au pouvoir. Les moyens illimités dont il dispose lui garantissent une victoire... à la Pyrrhus, car contestée jusque dans son clan.

La scène, un rien baroque, date du 23 juillet dernier. Ce samedi-là, la " tournée républicaine " du chef d'Etat du Gabon, Ali Bongo Ondimba (OBA), conduit celui-ci à Bolossoville, dans le département du Haut-Ntem (Nord). Auvents de toile dressés sous de lourds nuages gris, officiels et dignitaires coutumiers en tenue d'apparat, banderoles déférentes, sono assourdissante, odes à la gloire de l'illustre visiteur : rien ne peut, semble-t-il, troubler le bel ordonnancement de cette virée électorale avant l'heure. Du moins jusqu'à l'embardée du député du cru, Bertrand Zibi Abeghe. Ceint de son écharpe bleu, jaune, vert à glands, ce notable du Parti démocratique gabonais (PDG) rejoint le pupitre de bois qui fait face à la tribune d'honneur pour annoncer, " en toute âme et conscience, devant Dieu et les hommes ", sa démission de la formation au pouvoir et son retrait du Parlement. Non sans avoir, lui le " fidèle d'entre les fidèles ", gratifié l'hôte du jour d'une diatribe à double détente. Un : " Nous attendons toujours l'électricité et rien n'a changé ici depuis 1960 ", à ceci près que " les conditions de vie ont empiré ". Deux : " Dans notre district, doté des terres les plus fertiles de la patrie, il y a mieux à faire que de planter du caoutchouc. " Entendez : d'accueillir les plantations d'hévéas d'Olam, cador singapourien de l'agrobusiness. Sous...

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