Fukushima : fuites d'eau radioactive à l'extérieur des réacteurs

28/03/11 à 08:10 - Mise à jour à 08:10

Source: Le Vif

L'opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a reconnu lundi que de l'eau fortement radioactive s'était échappée des bâtiments des réacteurs, une découverte qui pourrait aggraver les craintes d'une pollution massive autour du site.

Fukushima : fuites d'eau radioactive à l'extérieur des réacteurs

© EPA/TEPCO

Cette eau contaminée a inondé des tunnels techniques passant sous la salle des machines des réacteurs 1, 2 et 3.

"Nous avons retrouvé de l'eau accumulée dans des puits de regard d'une tranchée souterraine débouchant à l'extérieur du bâtiment du réacteur 2, avec un niveau de radioactivité supérieur à 1.000
millisieverts par heure", a indiqué un porte-parole de la société Tokyo Electric Power (Tepco).

Des nappes d'eau radioactive, très probablement échappée des réacteurs, avaient déjà été retrouvées au sous-sol des salles abritant les turbines, mais c'est la première fois que les ingénieurs de Tepco décèlent la présence de cette eau polluée à l'extérieur.

Jeudi dernier, trois employés avaient été exposés à d'importantes radiations en marchant dans l'eau stagnant dans la salle des machines du réacteur 3, mesurée à 180 millisieverts par heure.

Ils ont quitté lundi l'établissement spécialisé où les médecins n'ont pas détecté de danger immédiat pour leur santé.

Les puits de regard des trois tunnels sont situés à une soixantaine de mètres de l'océan Pacifique et l'eau contaminée pourrait avoir déjà ruisselé jusqu'au rivage, a reconnu le porte-parole de Tepco.

"Nous sommes en train de vérifier si l'eau peut avoir été directement en contact avec la mer", a-t-il poursuivi.

Un taux d'iode radioactif 1.150 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans l'eau de mer prélevée à trente mètres des réacteurs 5 et 6. Cette radioactivité pourrait provenir des réacteurs 1 à 4, les plus endommagés, situés à 1,5 km au sud, et où des taux près de 2.000 fois supérieurs à la normale ont été relevés.

Les travaux de pompage de cette eau vont être compliqués, car les techniciens doivent trouver un moyen de la transférer dans des réservoirs sans s'exposer à des doses de radiation mortelles.

Quelque 500 personnes travaillent sur le site, injectant de l'eau douce à l'aide de pompes électriques dans les réacteurs pour empêcher le combustible de chauffer, ce qui provoquerait une catastrophe de grande ampleur.

Le gouvernement a de son côté critiqué Tepco pour avoir annoncé dimanche qu'un niveau de radioactivité 10 millions de fois plus élevé que la normale avait été mesuré dans l'eau échappée du réacteur 2, avant de reconnaître qu'il s'agissait d'une information erronée.

"Sachant que la surveillance de la radioactivité est une condition majeure pour assurer la sécurité, ce type d'erreur est absolument inacceptable", a fustigé Yukio Edano, le porte-parole du gouvernement.

Ce chiffre alarmiste avait été repris en boucle par les médias japonais et du monde entier, alimentant davantage la psychose concernant la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima N°1).

Des médias nippons ont révélé par ailleurs que le PDG de Tepco avait été malade et alité pendant une semaine en pleine crise, sans préciser de quoi il souffrait.

L'opérateur a de son côté demandé l'appui des industriels français du nucléaire, afin de l'aider à résoudre cette crise, selon le ministre français de l'Industrie.

Le ministère de la Santé a demandé aux usines de distribution d'eau de tout le territoire nippon de cesser de recueillir l'eau de pluie, afin d'éviter d'éventuelles contaminations par les rejets radioactifs de la centrale.

Dans le nord-est de l'archipel, dévasté par un puissant séisme et un gigantesque tsunami, le bilan continuait de progresser à mesure que les secouristes dégagent les victimes. Les derniers chiffres, provisoires, de la police nationale étaient de 10.901 morts confirmés et 17.621 disparus.

Une nouvelle puissante réplique du séisme du 11 mars s'est produite à 100 km au large de Sendai (nord-est), avec une magnitude mesurée à 6,1 par l'Institut de géophysique américain (USGS), sans faire de victime, ni dégâts.

Le Vif.be, avec Belga

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