Fronde des journalistes au sein de France Télévisions

12/12/17 à 21:34 - Mise à jour à 21:34

Source: Afp

Les journalistes de France Télévisions ont infligé un camouflet à leur patronne, Delphine Ernotte, en adoptant mardi à une majorité écrasante une motion de défiance, pour dénoncer des économies et une réforme de l'audiovisuel public que prépare le gouvernement.

Fronde des journalistes au sein de France Télévisions

© ISOPIX

Les journalistes des rédactions nationales du groupe ont approuvé à 84% une motion de défiance, qui leur avait été soumise par les Sociétés de journalistes (SDJ) du groupe public, avec un taux de participation au vote de 69%.

Cette motion intervient à quelques heures du début d'une grève de vingt-quatre heures, ce mercredi, à l'appel de trois syndicats à l'occasion de la tenue d'un Comité central d'entreprise. Cette grève vise à contester non seulement les économies prévues en 2018, mais aussi un projet de réforme en profondeur de l'audiovisuel public, préparé par le gouvernement.

C'est un vote "clair, net et massif", et d'une ampleur inédite au sein du groupe, a déclaré à l'AFP Clément Le Goff, président de la SDJ de France 2. "Le résultat est sans appel, les journalistes ont voulu envoyer un message clair : l'information doit rester la priorité à France Télévisions", a-t-il ajouté.

Ce scrutin visait à dénoncer "une attaque inédite contre l'information du service public", selon les organisateurs. La présidente de France Télévisions avait assuré prendre ce vote "au sérieux", dans un message adressé lundi aux salariés.

Delphine Ernotte a pris les rênes du groupe public en 2015 et subit régulièrement des critiques, comme lors du remplacement du présentateur vedette David Pujadas par Anne-Sophie Lapix aux manettes du journal télévisé de la chaîne France 2.

Le gouvernement français a sommé le groupe de réduire de 50 millions ces dépenses en 2018, à 2,57 milliards d'euros. La direction veut supprimer 180 postes équivalent temps plein l'an prochain, via des non-remplacements de départs à la retraite, dont 30 dans l'information.

France TV a en revanche renoncé, face au tollé, à réduire la diffusion des magazines emblématiques de France 2, "Envoyé Spécial" et "Complément d'enquête".

"Je sais combien certains chantiers peuvent être difficiles, mais ils sont nécessaires", avait plaidé Delphine Ernotte, dans son message aux salariés.

Aux économies envisagées s'ajoutent des inquiétudes liées à l'avenir de l'audiovisuel public en France.

Cet automne, la révélation de "pistes de travail" émanant du ministère de la Culture, évoquant un "rapprochement" entre France Télévisions et Radio France, une fusion de France 3 et France Bleu, la suppression de France Ô ou le passage de France 4 à une diffusion 100% numérique, a déclenché la colère des syndicats.

Des propos très sévères du président Emmanuel Macron envers l'audiovisuel public, tenus la semaine dernière devant des parlementaires, ont accru la tension.

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