Frédéric Beigbeder : "Le sentiment d'être à la veille d'une grande catastrophe m'habite"

18/06/16 à 14:38 - Mise à jour à 14:38

Source: Le Vif/l'express

Satiriste mélancolique, enfant désabusé du siècle, le romancier-cinéaste fait de l'autodérision une arme pour ne pas désespérer du monde. A l'heure où son nouveau film -L'Idéal - attire nos regards réjouis par son humour corrosif, il fait au Vif/L'Express quelques confidences piquantes...

Comme le dit Roger Vailland, "le cynisme, c'est de l'espoir refroidi"... Très belle formule ! Très juste aussi ! Quand on dit des choses très corrosives, très sarcastiques, c'est parce que, sans doute, on a une insatisfaction, une frustration, un espoir déçu. Une désillusion. Mes personnages sont toujours désabusés. Quelque chose les a traumatisés. Alors là, Octave (NDLR : le héros du film et alter ego de Beigbeder), on le voit à l'âge de 9 ans, entouré de très belles mannequins suédoises, dans un endroit où il n'a pas vraiment sa place à cet âge-là. C'est peut-être cela. Ou alors peut-être le divorce de mes parents... En tout cas, à un moment de mon enfance, je suis devenu cet être qui a perdu ses illusions, qui a regardé la réalité avec une certaine lucidité, un romantisme abîmé... C'est le ton de mes livres, c'est aussi le ton de mes films. Cela m'est naturel.
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