Francophonie : Hollande vu de Kinshasa

12/10/12 à 16:49 - Mise à jour à 16:49

Source: Le Vif

Kinshasa accueille le 14e sommet de la Francophonie. A quelques heures de l'arrivée de François Hollande, les Congolais décodent ses dernières déclarations.

Francophonie : Hollande vu de Kinshasa

© Reuters

Attendu ce samedi à Kinshasa, capitale de la Francophonie pour quelques jours - le 14e sommet des pays ayant le français en partage s'y tient du 12 au 14 octobre -, François Hollande sera reçu par le président Kabila et a prévu de rencontrer l'opposant Etienne Tshisekedi et la société civile congolaise. Les dernières déclarations du président français suscitent des commentaires dans les rédactions des quotidiens kinois. Après avoir qualifié d' "inacceptable" les atteintes à la démocratie en RDC, le président français a tenu, juste avant son départ pour l'Afrique, des propos bien accueillis dans les médias congolais. Il a par ailleurs qualifié les dernières élections congolaises de "non satisfaisantes" et a estimé que le procès en appel des assassins du défenseur des droits de l'homme Floribert Chebeya, qui n'a pas encore réellement commencé, était "très attendu par ses proches qui demandent justice."

Freddy Mulumba, directeur général du quotidien kinois Le Potentiel, ne cache pas sa satisfaction en entendant ces propos. "Alors que la plupart des pays occidentaux se montrent extrêmement prudents quand il s'agit de pointer du doigt la responsabilité du Rwanda dans la guerre qui ravage le Nord-Kivu, le président français prend une position claire contre l'agression dans l'Est, même si le pays de Kagame n'est pas désigné nommément. Pour le reste, nous ne nous attendons pas à ce que le sommet de la Francophonie et la visite de Hollande changent la situation sur le plan de la démocratie et de la bonne gouvernance. Dans mon pays, je crois moi-même plus à la liberté et à l'indépendance qu'à la démocratie. Le président français vient surtout, à mon avis, pour défendre les intérêts français au Congo."

Des Congolais rencontrés non loin des sites où se déroule le sommet de la Francophonie nous confient leur vision inattendue de la grand-messe des chefs d'Etat et de gouvernement. "La Francophonie est venue pour réhabiliter nos infrastructures", résume Dieudonné, un fonctionnaire. On comprend son erreur : en vue du sommet, le gouvernement a réhabilité et équipé quelques grands axes routiers, tandis qu'une armada de balayeurs en tenue jaune nettoie leurs abords. Des quartiers de la ville sont privés d'eau et d'électricité depuis quelques jours, car priorité est donnée à l'éclairage du centre-ville et à l'alimentation en eau des grands hôtels où s'entassent les délégations. "Le coût du sommet de la Francophonie est désormais évalué à près de 50 millions de dollars, dont les deux tiers sont à charge du pays hôte, confie un diplomate européen.

Olivier Rogeau, envoyé spécial à Kinshasa

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