François Ruffin, nuire debout

06/05/16 à 15:00 - Mise à jour à 15:07

Source: Le Vif/l'express

Son documentaire Merci Patron ! montre le journaliste agitateur picard contraindre Bernard Arnault, géant du capitalisme français, à régler les dettes des Klur, couple d'ouvriers mis sur la paille par une délocalisation. Mais la lutte de François Ruffin et de son journal, Fakir, continue : une projection de Merci Patron ! a donné naissance au mouvement Nuit debout, qui veut changer le monde...

Du haut de votre déjà longue carrière de journaliste de combat, comment expliquez-vous le succès fulgurant de Nuit debout ? Vous avez déjà organisé un bon million de happenings protestataires, non ? Est-ce la société ou votre stratégie qui a changé ?

Ce qui a changé, c'est que j'ai fait un film. J'ai toujours pensé que le média populaire, aujourd'hui, c'était l'image. J'ai participé à une émission de radio qui était extrêmement populaire (NDLR : Là-bas si j'y suis, sur France Inter), 700 000 auditeurs tous les jours. Et même si Merci Patron ! marche très bien, il ne fera pas 700 000 entrées. On est à la moitié, là... Le seul truc nouveau, ce qui rend le message plus fort, c'est l'image. Et puis, dans le film, j'ai fait des choix esthétiques qui le rendent accessible à tout le monde, à l'intello comme au populo. Je n'ai pas choisi d'être pédagogue, j'ai choisi de raconter une histoire, j'ai choisi de m'appuyer sur des symboles ancrés dans la culture populaire : La petite maison dans la prairie, Les Charlots, Robin des Bois, le maroilles, qui permettent une appropriation. Et j'ai choisi le rire. Ma colère, j'en fais du rire. C'est très rassembleur cet îlot de joie dans un océan de morosité, à gauche en particulier. Le thème n'est pas joyeux, mais le traitement l'est, et c'est ce qui fait que le film est regardable.
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