François Hollande : "Les affaires privées se traitent en privé"

14/01/14 à 16:45 - Mise à jour à 16:45

Source: Le Vif

Comme attendu, lors de la conférence donnée par François Hollande à l'Élysée ce mardi après-midi, la question sur le statut de Valérie Tierweiler a été posée.

François Hollande : "Les affaires privées se traitent en privé"

© Capture d'écran France 2

Devant une salle comble de journalistes français et étrangers et en présence des membres de son gouvernement, le chef de l'Etat a pris le parti de ne pas aborder les questions relatives à sa vie privée lors de son discours, préférant d'abord présenter le Pacte de Responsabilité, qui vise notamment une relance économique et une réduction des déficits publics de la France, pour ensuite se pencher sur le rôle de son pays sur la scène européenne et internationale, notamment au Mali et en Centrafrique.

La question sur le sujet brûlant en France a été posée par Alain Barluet, journaliste au Figaro : "La publication la semaine dernière d'un article vous concernant dans un magazine, Closer pour ne pas le nommer, a suscité de l'émoi, des questions, de la curiosité [...] Il est un besoin de clarification vis-à-vis des Français, vis-à-vis de ceux à l'étranger qui nous regardent [...] Valérie Trierweiler est-elle toujours aujourd'hui Première dame de France?", a-t-il formulé.

"Je comprends votre question et je suis sûr que vous comprendrez ma réponse", a commencé le président français. "Chacun dans sa vie personnelle peut traverser des épreuves, c'est notre cas. Ce sont des moments douloureux. J'ai un principe, c'est que les affaires privées se traitent en privé, dans une intimité respectueuse de chacun. Ce n'est ni le lieu ni le moment de le faire. Mais si je ne répondrai à aucune question aujourd'hui sur ce sujet, je le ferai avant le rendez-vous que vous avez fixé".

"Mon indignation est totale! Je dis bien totale! ", a insisté le chef de l'Etat français, évoquant la violation de sa vie privée, qu'il considère comme "une liberté fondamentale". Interrogé sur les menaces de poursuites judiciaires prononcées la semaine dernière suite aux révélations, François Hollande a déclaré: "On ne peut pas m'attaquer en tant que président de la République. Dès lors, puis-je attaquer les autres ? Je m'interroge..."

"Partout, ma sécurité est assurée", a-t-il encore affirmé. "A tout moment, quand je me déplace officiellement ou à titre privé, ma sécurité est assurée. Je suis protégé partout, que personne ne s'inquiète à ce sujet! "

Le président français a promis de clarifier la situation de son couple avec Valérie Trierweiler avant son déplacement au Etats-Unis prévu le 11 février.

Une vaste réforme pour restaurer la "force économique" de la France

François Hollande a dessiné une vaste réforme économique, avec la fin des cotisations familiales des entreprises d'ici 2017, qu'il a présentée comme le "plus grand compromis social depuis des décennies". Le président de la République a ainsi précisé les contours du "pacte de responsabilité" évoqué lors de ses voeux aux Français le 31 décembre.

"J'ai une conviction profonde: si la France veut garder son influence dans le monde (...) alors elle doit impérativement retrouver de la force économique", a lancé M. Hollande sur un ton grave.

Face à une "crise longue, profonde, sans doute sous-estimée, y compris par nous mêmes", le chef de l'Etat a appelé à lancer une "bataille" économique et sociale. "Les premiers résultats sont là, ils sont fragiles, trop fragiles", a-t-il concédé.

Pour remédier à cette situation, il faut selon lui se démarquer de la philosophie socialiste traditionnelle et agir sur "l'offre". Le président de la République entend ainsi supprimer d'ici 2017 les cotisations familiales "pour les entreprises et les travailleurs indépendants", d'un montant total de 30 milliards d'euros. Il a assuré dans le même temps qu'il n'y aurait "pas de transfert de charges des entreprises vers les ménages".

La décentralisation devrait aussi connaître, a-t-il promis, une nouvelle étape ambitieuse avec des transferts de compétences vers les régions, dont le nombre (22) pourrait "évoluer".

Les économies budgétaires restent aussi de mise. Mais pour éviter les coupes "aveugles", un "Conseil stratégique de la dépense publique" se réunira "chaque mois" autour de lui pour fixer les priorités et "évaluer les politiques publiques". La jeunesse reste aussi une priorité de son quinquennat, avec la présentation dès mercredi, d'un plan contre les inégalités scolaires.

Abordant la situation de la Centrafrique, François Hollande a assuré que son pays n'avait "pas vocation à choisir les dirigeants de la Centrafrique". "La France aide, elle ne se substitue pas, ce temps là est terminé", a-t-il poursuivi, évoquant l'"espoir" d'un apaisement en RCA, où la France a déployé 1.600 soldats.

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